mercredi 14 février 2018

Paris est tout petit - Maïté Bernard

Un livre dont on en sort pas indemne.
Un petit bijou où chaque mot compte, facile à lire, facile à aimer.

D’abord une belle histoire d'amour partagée, surprenante mais évidente.
Et soudain ... 13 novembre 2015,  le Bataclan. Qui vient détruire bien au-delà des personnes présentes ce soir-là.
C'est bien sûr l’essentiel de la trame de l’histoire.
Mais autour de ça, on a une merveilleuse découverte, de Paris, Paris intime, Paris hors des circuits touristiques, Paris et toutes ses beautés.
Mais ce n'est pas tout ce que Gabin va faire découvrir à Inès.  Il y a aussi toute une culture assez étonnante, puisqu'ils vont passer des films "de cinémathèque" à la musique en tout genre, des albums de Tintin aux Comics. autant de découvertes pour une fille qui jusque là, dans son besoin de se cultiver pour les études qu’elle ambitionne, s’était surtout cantonnée aux lectures classiques.
Malgré le sujet, c'est toujours léger, agréable à lire.
Tout est analysé très finement, sans parti-pris ni haine.
La difficulté de la rencontre entre deux mondes,  une jeune fille musulmane, d'une commune peu favorisée, avec les gens plus riches, plus cultivés, de Paris intra-muros. Dit comme cela, ça semble un peu caricature, et ça ne l'est vraiment pas, on réfléchit avec chacun, on admire la force et la volonté d'un côté, la gentillesse et la tolérance de l'autre.
Beaucoup de personnages sont sympathiques et émouvants.
Et les réflexions sur l’après attentat sont terriblement importantes, toutes en délicatesse et en vérité.

Je crois que la phrase qui m'a le plus marquée est :
"Marie-Castille est morte dès les premières minutes et nous l'avons aimé vivante jusqu'au lendemain."
Je la dédie aux parents de Matthieu.
Matthieu dont j'ai appris qu'il était au Bataclan par les appels sur Internet, qui disaient qu'on ne le trouvait pas, mais que des personnes l'avaient vu, oui, il était forcément vivant, caché ou blessé, mais on espérait puisque il était certain qu'on l'avait vu.
Hélas non, il n'y avait plus rien à espérer.
Je ne connaissais pas Matthieu, je connaissais ses parents, je ne connaîtrai sans doute jamais ses enfants, même sa fille née quatre mois plus tard, mais je ne les oublierai pas, et je remercie Maïté Bernard de donner à tous ces disparus une vraie présence, au-delà de l’émotion des premiers jours, des chiffres et de la colère.

Je me suis un peu attardée, ce livre remue tellement de choses, mais passé le choc des attentats, ce n'est pas un livre triste, mais un texte vraiment superbe, à lire absolument.

Merci Ramettes !
Allez lire sa chronique, elle traduit bien mieux que moi ce que j'ai ressenti en lisant cet extraordinaire roman.

Extraits :

Comment peut-on être intelligente en classe et aussi bête dans la vie ? Je suis ridicule !
Voilà, je me suis remise à ma place.

***
Plus vous serez clair avec vos émotions, avec vos raisons d'être ici, avec votre projet futur, plus vous aurez de chances de réussir. Vous êtes tous intelligents, travailleurs, intéressants. La différence se fera sur ...

***
Il m'interrompt :
- "Mais Paris est tout petit pour ceux qui, comme nous, s'aiment d'un aussi grand amour."

***
Même quand ça s'arrête trop tôt, l'amour des parents est une force pour la vie.


Syros 1/02/2018
NOUVEAUTÉ ; 370 pages
Résumé Babelio

samedi 10 février 2018

Le grand jour d'Elmer - David McKee


Il me semble avoir lu il y a longtemps un autre album d'Elmer où l'on parlait du jour d'Elmer, le jour où il se déguise en gris éléphant, et tous les autres au contraire sont colorés, mais je ne le retrouve pas, l'ai-je rêvé ?
S'il existe, celui-ci pourrait être une suite.
Ce jour-là, non seulement tous les éléphants sont tout bariolés, mais en plus, les autres amis d'Elmer, qui rêvent de participer à la fête, sont invités par Elmer à se joindre à eux.
Et une jolie surprise attend notre éléphant préféré.

Un album original puisque il y a tellement de couleurs sur la couverture qu'il n'y a pas de place pour le titre !! Il figure seulement sur le dos.
Et un très chouette album. Encore plus coloré que d’habitude.
Et puis, j'aime beaucoup les dessins d’animaux autres que les éléphants, les lapins sont très mignons, et tous sont drôles.

PS : En fait, j'ai retrouvé (et relu), c'est simplement le tout premier Elmer (simplement titré "Elmer") où il est déjà question du jour d'Elmer !

Extraits :

Le grand jour arrive enfin. La tradition veut que durant cette journée, Elmer soit le seul à être de la couleur des éléphants, et comme chaque année, Elmer se dirige vers l'arbrisseau couvert de baies de la couleur des éléphants. Il se recouvre entièrement le corps de jus de baies, jusqu'à ce qu'il ressemble exactement à n'importe quel autre éléphant.

***

"Vous voyez, cela reste une parade d'éléphants", dit Lion en riant.




Traduit de l'anglais par Élisabeth Duval
Titre original : Elmer's special day
Kaléidoscope 2009
20 x 23 Non paginé
Résumé Babelio

vendredi 9 février 2018

Ariane contre le Minotaure - Marie-Odile Hartmann

Un court roman bien fait et intéressant. Un texte moderne sur un sujet ancien. Belle idée pour favoriser la lecture des enfants sur la mythologie.

Je dois dire que je n'aime pas la mythologie, je ne vois pas l'intérêt de m'embrouiller à essayer de retenir des histoires de famille de gens qui n'ont pas existé ! Et quelles familles, des sacs de noeuds, maris et femmes, frères et soeurs etc ...
J'ai acheté ce livre pour ma petite-fille qui doit le lire pour le collège, et j'ai quand même tenu à le lire avant de lui donner.
Et donc, je le trouve intéressant, bien écrit, agréable à lire.

Je m'interroge cependant sur l'utilité de donner à lire à des gamins de 6e une histoire où la mère a eu un autre enfant, non avec le père, mais avec un taureau. Sans compter qu'on se massacre allègrement. Et que montrer le côté si humain et si triste du Minotaure avant de le tuer ne m'a pas enthousiasmée.
Comme je le disais au début, je n'arrive pas à comprendre l'intérêt d'apprendre encore ces vieilles histoires. A quoi sert donc la mythologie ?

Sur le sujet du Minotaure, j'ai préféré lire Les P'tites Poules (Sauve qui poule ) !!!!

Mais  je reconnais que ce roman est très bien fait pour donner envie aux enfants de découvrir ces histoires. Moderne, bien écrit, suspens, amour. Des phrases faciles mais correctes.
J'ai aimé aussi le personnage d'Ariane, qu se révolte contre les massacres qui se perpétuent, d'une génération à l'autre, au lieu de décider que la vengeance est enfin terminée.

Le roman est suivi d'un dossier ; et d'un lexique (qui ne m'a pas beaucoup aidé pour y voir plus clair sur les histoires de famille !!! mais qui est là pour ça.)

Extrait :

- Je trouve injuste que meurent tous ces jeunes qui ont à peine mon âge, répondit-elle. Les sujets qui payent pour les fautes des rois, les fils pour celles des pères, tous ces innocents mis à mort, de génération en génération, cela me révolte ! Par Athéna, la fille de Zeus qui favorise le progrès, ce pacte doit prendre fin !


Illustration : Élène Usdin
Dossier : Marie-Thérèse Davidson
Éditeur : Nathan 2004
Collection : Histoires noires de la Mythologie 2017 - 124 pages
Résumé Babelio


jeudi 8 février 2018

La porte du ciel - Dominique Fortier

Très partagée sur ce roman.
Il aborde plusieurs sujets qui m'ont bien intéressée :
- La vie dans le Sud des Etats-Unis au moment de la guerre de Sécession, vie des Blancs, opposés à l'Union, ou opposés à l’esclavage, vie des Noirs, esclaves ou presque.
- La relation entre deux enfants puis jeunes filles l'une blanche de bonne famille, l’autre métisse, qui aura un statut mal défini.
- la guerre de Sécession
- un aperçu du Ku Klux Klan
- L'histoire des courtepointes (que j'avais découvert dans le très beau roman de Tracy Chevalier La Dernière Fugitive )

Mais je n'ai pas réussi à m'attacher aux personnages, on saute des périodes, on passe dans le présent pour repartir dans le passé, je suis toujours un peu restée "à l'extérieur".

Pourtant, la vie de cette mère noire à qui on enlève un à un ses enfants est plus qu'émouvante.

Le sujet central, la petite fille noire déracinée puis sauvée de l'esclavage, qui va attacher sa vie à la Blanche, m'a énormément attirée, mais déçue. Pas un instant dans le livre elles ne semblent s'adresser la parole, on ne sait en fait rien de leur relation, on a l'impression de passer à côté du sujet.
Eve suit Eleanor lorsque celle-ci se marie. Mais à aucun moment on n'entend la voix de la belle-mère, pourtant très critique, et tout à fait Sudiste, interroger sur le statut d'Eve, qui aide sans être vraiment domestique semble-t-il.

Les descriptions des courtepointes, éléments importants de l'histoire, ne m'ont pas suffi pour les imaginer, et je n'ai pas réussi à les retrouver sur le site de l'éditeur, comme indiqué à la fin du livre.

 Au final, beaucoup de choses que j'ai eu plaisir à lire, mais je regrette de n'être pas entrée dans l'histoire.

Extraits :

Le Nègre bien sûr est fait pour travailler : il n'est besoin que de le regarder pour s'en convaincre. Qui peut dire qu'il n'est pas plus heureux ainsi que livré à une liberté dont il ne saurait que faire ? Rendez sa liberté à un mouton de votre troupeau, et il reviendra en bêlant à la bergerie, s'il ne va pas se casser le cou au bas d'une falaise. Dieu a voulu les brebis protégées par le berger et l'esclave protégé par son maître. Personne n'a le droit de nous empêcher d'exercer Sa volonté, et si le Nord prétend nous spolier de la sorte, nous le quitterons sans regret comme on doit savoir couper un membre gangrené pour éviter que la maladie ne gagne le reste de l'organisme !

***
[Initiation au jeu d'échecs]
"Je vais prendre les blancs", continua Eleanor. Puis, comme si elle s'en avisait tout juste : "Ce sont toujours eux qui commencent."
Cela allait de soi.

***
Dans certaines villes, les volontaires se pressaient pour rejoindre les rangs tant de l'Union que de la Confédération, s'étirant en deux longues files d'un côté et de l'autre d'une même rue, frères, cousins, voisins se saluant de la main avant de prendre les armes les uns contre les autres.

***

Ceux qui partent ne reviennent jamais, même quand ils reviennent.

***
Des hommes à Philadelphie s'étaient rassemblés pour déclarer leur indépendance, ils avaient couché sur le papier ces mots disant que les hommes avaient été créés égaux et que chacun avait le droit de chercher le bonheur, et puis ils étaient rentrés chez eux, où il faisait bon auprès de leurs femmes et de leurs enfants. Les mots étaient restés là.

***
Il ne vous avait pas échappé, sans doute, qu’Ève avait un statut mal défini. On ne lui demandait pas de frotter les planchers, mais jamais il ne serait venu à l’esprit de quiconque de l’inviter à s'asseoir à table quand il y avait du monde à la maison. Elle prenait tous les jours le thé avec Eleanor, dont elle partageait les jeux, mais, après que son amie se fut tamponné les lèvres, Ève rapportait les tasses à la cuisine pour les laver.

***
Ses enfants disparus, vendus, enfuis, il ne restait plus qu'un fils auprès d'elle ; elle ignorait ce qu'il était advenu des autres, et même s'ils étaient morts ou vivants. Celui-là avait près de six ans, heureusement il était assez grand pour se débrouiller tout seul.



Autrice : Dominique Fortier (Québec)
Editeur : Les Escales (2017)
Collection : Domaine français - 247 pages
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mercredi 7 février 2018

Un lapin peut changer une vie - Sandrine Kao

Une très chouette lecture, et un livre plutôt original.

Une jolie surprise aussi pour moi : en général, quand on commence un livre, on sait à peu près ce qu'il va être, humour, drame, chronique familiale, livre enfantin ...
Ici, je n'ai pas su à quoi m'attendre, et je l'ai découvert avec plaisir au fil des pages.
Du coup, je n'en dévoilerai pas trop, même si une fois le livre paru, on a forcément plus d'indices.

Un belle histoire à plusieurs voix, à la fois drôle et tendre.
Une famille qui évolue, qui se cache, se dévoile, et qui finalement tente une expérience de vie qui va tous les bousculer.

Ce qui est agréable, c'est que chaque personnage est sympathique, parfois surprenant, mais plutôt positif, à sa manière.
Amusant qu’ils convergent tous, pour des motifs divers, vers le camp de Roms.
Amusant bien entendu le rôle du (des) lapin(s).
J'ai aimé que ce soit l’histoire d'une famille, banale, vie de tous les jours, une fillette excellente en classe, une ado férue de musique, des parents qui s'en occupent, mais qui ont aussi leurs problèmes.
J'ai aimé que le sujet des Roms soit abordé sans excès, ni positif ni négatif. Que tout ne soit pas tout rose, ni tout noir.
Bref, j'ai aimé vivre un bout de chemin avec cette famille, et je l'ai quittée à regrets.

Côté bande-son, je ne suis hélas pas familière de Django Reinhardt et du jazz manouche.
Par contre, Tony et West Side Story, ça sonne à mes oreilles  et dans mes souvenirs !! Pas de mal à imaginer ce Tony-là  !

La chronique de Ramettes

Extraits :

Voilà un aspect que les enseignants ne prenaient jamais en compte dans les énoncés de problèmes : l'inclusion des données sociales.

***
Des bohémiens, précisa sa soeur. au sens littéraire du terme, du mouvement de la fin du XIXe siècle auquel se rattachaient Rimbaud, Verlaine, une vie au jour le jour dans la pauvreté et dans la recherche d'un idéal artistique.
- Oh toi, n'en rajoute pas, on croirait m'entendre... l'interrompit Alicia. Tu ne supportais déjà pas d'avoir une porte sans loquet ; là, tu n'auras même plus de chambre !

Editions Syros ; 209 pages
Parution 8 février 2018 (NOUVEAUTÉ)
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lundi 5 février 2018

Le rêve d'une petite chenille - Sheridan Cain


Un mignon petit album aux solides pages cartonnées, avec un coin tout grignoté.
Une histoire assez classique, un peu en randonnée : la chenille croise divers animaux qui volent, chacun lui donne une raison pour laquelle elle ne peut pas s’envoler, sauf le papillon, qui laisse le mystère s'installer. Une chute classique aussi.
Les images sont mignonnes, le texte assez long pour un album de ce type.
Un bon album pour les tout-petits.

Il semble avoir été réédité dans diverses versions : avec musiques, avec pliages reliefs.
Celui que j'ai lu, le plus ancien, est tout simple mais de ce fait solide, angle bien arrondi de plus, donc convenant tout à fait pour les tout petits.

Extrait :

Un papillon se posa à côté d'elle.
- Comme j'aimerais voler, moi aussi ! s'écria la chenille. Mais je suis beaucoup trop grosse et j'ai des pattes  au lieu d'avoir des ailes.
- Qui sait ? Un jour peut-être pourras-tu voler, chenille, dit le papillon avec un mystérieux sourire. Mais maintenant, il faut t'endormir.


Illustrations : Jack Tickle
Adaptation française : Hélène Varnoux
Titre original : The Crunching Munching Caterpillar
Editeur : Gründ 2005
19 cm x 19 cm - Tout Carton
Résumé Babelio

dimanche 4 février 2018

Astérix et la Transitalique

Après une lecture extrêmement prenante mais un peu dure, j'avais besoin d'une petite pause pour quitter ces personnages, avant de me replonger dans un autre roman.
Une petite récréation agréable, avec cette BD qui m'attendait depuis Noël, toute la famille l'a lue sauf moi !
Et je me suis régalée. Des jeux de mots réussis, des anachronismes, des personnages intéressants, beaucoup d'humour. Et Jules tel qu'en lui-même !
J'ai bien aimé aussi cette belle balade italienne ! de la Joconde au David de Michel-Ange, du Palio de Sienne à l'éruption du Vésuve.
J'avoue que j'ai un petit faible pour les "Bretons" et leur vocabulaire, contente de les retrouver ici.
Et ravie de faire connaissance avec les Cimbres, toute une collection de Cimbres, pas forcément affranchis.

Ce qui est bien avec Astérix, c'est qu'on l’aime à tout âge, mais le relire à mesure apporte chaque fois du nouveau. Parce que je suis sûre que mes petits-enfants n'ont pas saisi le sel de toutes les formules, beaucoup font allusion à des souvenirs qu'ils n'ont pas, des choses qu'ils ignorent. Ce qui ne les empêche pas de se régaler avec cette lecture. Mais ils découvriront plus tard d'autres raisons de rire (moi aussi d'ailleurs, il y a toujours quelques petites choses qui nous échappent)

Je ne lis pas les autres commentaires avant d'écrire le mien, mais je suis certaine que, comme chaque opus des séries ayant changé d'auteurs, certains (beaucoup peut-être) vont trouver que ce n'est plus Astérix, que c'est dénaturé voire lamentable.
Pour ma part, je trouve que le niveau est bon, et ça m'amuse autant que les premiers volumes.

Seul petit regret : pourquoi nous priver de notre page de garde habituelle, le village gaulois et la présentation des personnages ?
Même si le village ne sera jamais présent dans l’aventure, même pas au début, seulement sur la dernière image, le banquet final, j'aime bien retrouver cette page classique.

Extraits :

- Mais ses combines sont allées trop loin ! Cette fois, c'est décidé, j'arrête la course ! Je reprends mon vrai nom de Testus Sterone et je rentre chez moi en Sicile, où tout le monde est franc et honnête !
- Tu ne peux pas me faire ça ! Pense à ta belle villa à Capri !
- Garde la villa, j'abandonne ! Pour moi, CAPRI, C'EST FINI !

***
Avé Bifidus, et sois actif !

***
Pitié ! Nous sommes de simples esclaves du sénateur Bifidus! Nous faisons partie de sa collection de cimbres !
Il se sert de nous pour toutes les tâches ingrates, c'est comme ça qu'il nous rentabilise, car le prix du cimbre a beaucoup augmenté.

***
Je dis, Madmax, cette bouillante eau est délicieuse, n'est-elle pas ?
Elle l'est, Ecotax ! Ce garum donne sérieusement un exquis goût à tout !



Texte : Jean-Yves Ferri
Dessins : Didier Conrad
Série Astérix n° 37
Editions Albert René ; 19/10/2017 ; 46 pages
Résumé Babelio

samedi 3 février 2018

Ces rêves qu'on piétine - Sébastien Spitzer

Fascinant !
Je dois dire que j'ai hésité longuement à commencer ce livre. Je cherche en ce moment plutôt des livres gais, ou surtout légers, et je me doutais que ce ne serait pas le cas de celui-ci. Mais les excellentes critiques m'ont incitée à m'y plonger. Je l'ai cependant commencé presque à contre-coeur, en me disant que j'allais peut-être m’arrêter rapidement, si c'était trop dur.

Et j'ai été happée par l’histoire, les histoires plutôt, qui s'entremêlent, se croisent et se rejoignent.
Une écriture superbe, un vocabulaire souvent inattendu, à la fois précis, élégant, mais sans prétention.
Et surtout, une façon de raconter qui sans édulcorer les horreurs, se laisse lire et même dévorer.

Je n'en dirais pas grand chose, tellement d'autres l'ont commenté mieux que moi.
Trois histoires qui évoluent peu à peu les unes vers les autres :
Magda Goebbels "première dame" du régime nazi, que l'on découvre dans les derniers jours, dans le bunker..  et qui, à quelques jours de sa fin et de celle d'un régime, nous retrace son itinéraire et nous permet de découvrir ce qu’elle a été.
Des malheureux qui se sont échappés des camps de la mort, mais l’horreur n'est pas encore terminée. Ils vont se transmettre un document important, de l'un à l'autre jusqu'à une toute petite fille.
Et des lettres du père de Magda, sans doute la partie la plus émouvante, appels au secours en vain, de plus en plus poignants.

Ces trois parties s'acheminent l'une vers l'autre, et même si hélas, on se doute de l'issue inéluctable, c'est extrêmement prenant, je n'ai pas pu lâcher ce livre, que j'ai lu en trois jours, avec une émotion incroyable, mais que j'ai malgré tout aimé lire. Je n’aurais jamais cru pouvoir accrocher ainsi à une telle histoire.
C'est vraiment très beau, le vocabulaire est superbe, mais la narration aussi  nous entraîne, sans hésitation.

Un grand merci à Groupama Grand Est qui m'a offert ce livre suite à leur calendrier de l'Avent, je ne l’aurais certainement pas découvert sans cela.

Extraits :

A la place, il va y avoir une boulangerie. C'est bien, une boulangerie ! C'est national, les viennoiseries ! C'est socialiste les forêts-noires ! Un petit couple d'artisans bien conformes, bien aryens. Pas comme moi.

***
Un vieux mari, ce cher monsieur Quandt, beau comme Crésus,

***
[ 1e rencontre de Magda avec Goebbels] La porte claqua dans son dos, mais elle était sereine, parce qu'un homme qui avait autant lu ne pouvait pas être mauvais.

***
Et quand vient la défaite, les héros disparaissent, au profit des héros ennemis.

***
Mais notre histoire, personne ne nous la volera. Elle est inaliénable. On essaiera  de nous tuer, jusqu'au dernier. On essaiera de trahir, de falsifier, d'effacer ... Mais il y aura toujours un scribe pour recopier, un homme pour lire, un écrit quelque part. Vous êtes l’incarnation de notre pire ennemi : l'oubli. 

Prix Stanislas 2017 (Nancy Le Livre sur la place)
Meilleur premier roman de la rentrée littéraire.
Les Éditions de l'Observatoire - Août 2017 - 304 pages
Résumé Babelio

vendredi 2 février 2018

Partie mortelle - Chris Bradford

Plus long (presque le double) que les précédents que j'ai lu (Les fantômes du  manoir, et Le jour où ma vie a changé), destiné à un public un peu plus âgé, mais avec toujours les caractéristiques qui le destinent à tout public, y compris ceux en difficulté face à la lecture.

Avec toujours une présentation des personnages du roman au début, puis un sommaire clair des titres de chapitres.

Le sujet m'intéresse nettement moins, jeu vidéo, bagarres. Donc, j'ai eu un peu plus de mal à y entrer.
Mais bien écrit et très intéressant, notamment justement pour les accro(s)* aux jeux vidéos.
Je pense que c'est un très bon petit roman, même si ce n'est pas celui que j'ai pris le plus de plaisir à lire.

En 2030, une grande épidémie a tué quasiment tous les adultes.
La plupart des enfants orphelins survivent comme ils peuvent dans la rue, dans des conditions très difficiles.
Un jeu vidéo très brutal tient quasiment lieu de vie réelle.
Certains enfants sont sélectionnés pour aider aux tests de ce jeu, et leur vie devient très enviable. Mais est-ce par bonté qu'on leur offre ce confort ?
Scott va pouvoir le découvrir par lui-même. Et même si quelques rares amitiés naissent dans ce milieu si dur, l'espoir va être difficile à garder.
Ce livre n'est conseillé qu'à partir de 12 ans, ce qui me parait justifié vu le sujet, mais le texte n'en est pas difficile à lire ni à comprendre, il est donc tout à fait à sa place dans cette collection et me semble très intéressant,  notamment pour ceux qui aiment mieux les jeux vidéo que les livres !!
Pour ma part, j'ai un peu de mal tout de même, je ne suis clairement pas la bonne cible de ce genre de livres !!!

Mais je remercie les Editions Rageot pour la découverte de ces trois romans, aussi différents qu'intéressants, et que je conseillerai volontiers.

* Certains dictionnaires donnent accro comme adjectif invariable (ça existe ça ?) d'autres autorisent le s au pluriel, qui dois-je croire ?

Extrait :

La gentillesse est une chose rare dans la rue. Et stupide, me dis-je intérieurement. Elle risque de me faire mourir de faim.


Illustré par Vincent Sorel
Traduit de l'anglais (Royaume-Uni) par Anne Delcourt
Titres originaux : Gamer  (2015) ; Virtual Kombat (1997)
Collection Flash Fiction
(Lectures courtes, accessibles à tous, adaptées aux DYS)
Rageot 25/10/2017 - 211 pages (12 ans et +)
Résumé Babelio

jeudi 1 février 2018

Le jour où ma vie a changé - Frank Cottrell Boyce

Un autre titre de cette intéressante collection Flash Fiction.
Après Les Fantômes du manoir, un roman amusant, mais aussi avec un brin de fantastique.

Georges a une vie un peu difficile au collège, aucun ami, personne à inviter, tous le fuient, même les moins populaires, et il n'ose même pas adresser la parole à la seule fille qui l’intéresse.

Un anniversaire un peu triste en famille donc. Et son grand-père ne trouve rien de mieux à lui offrir que de l'après rasage périmé depuis des lustres.
Sauf que ....  grâce à cela, il devient soudain la coqueluche de toutes les filles, Principale et mère d'élèves comprises.
Ca tourne un peu à la folie. Jusqu'à ce que ...
Mais finalement, vaut-il mieux être la coqueluche de toutes, ou intéresser la seule à qui on tient ?

Beaucoup d'humour et une aventure plutôt déjantée, mais au final, une intéressante réflexion.

Ce roman ne vous aidera probablement pas à devenir populaire, mais il pourra vous faire remettre en questions vos souhaits profonds !

L'auteur de "Millions" s'est lui aussi bien adapté à un public de lecteurs moins à l'aise, et ce petit roman est à mettre entre toutes les mains.

Je me demande si les collégiens d’aujourd’hui connaissent Donjons et Dragons ?

Extrait :

Je n'ai pas parlé à une fille depuis le CM1, sauf en cas de légitime défense.

Illustré par Laurent Audouin
Traduit de l'anglais (Royaume-Uni) par Lilas Nord
Titre original : Desirable (2008)
Collection Flash Fiction
(Lectures courtes, accessibles à tous, adaptées aux DYS)
Rageot 25/10/2017 - 115 pages (10 ans et +)
Résumé Babelio

mercredi 31 janvier 2018

Les fantômes du manoir - Fabrice Colin

Un très chouette petit roman.

Cette collection Flash Fiction (que j'avais découvert avec "Derrière la porte" est adaptée aux DYS, et aux petits lecteurs ou lecteurs hésitants.
Pour cela, le papier est beige pâle, le texte imprimé en caractères bien lisibles, des illustrations (en noir et blanc) souvent pleine page allègent le récit. Les personnages sont présentés au début, puis un sommaire donne les titres des chapitres, et le récit est linéaire pour ne pas perdre le lecteur.

Mais au-delà d'une collection spécifique, on a ici un bon petit roman pour tout public.
J'ai beaucoup plus aimé que ma précédente lecture dans cette collection.
‎Un texte simple mais intéressant, du fantastique (c'est Fabrice Colin tout de même !) quelques jours des vacances d'été dans un train fantôme.
Hugo est un garçonnet de 13 ans au caractère agréable et avec de jolies réactions.  Il travaille bien et veut aider son oncle, dans la mesure de ses moyens.
Quand il rejoint son oncle et découvre le train fantôme, il comprend vite que cette attraction n'attire plus grand monde, et que c'est bientôt la fin du Manoir de l'horreur. Pourtant, l'attraction concurrente déborde de clients, qu'a-t-elle de plus ?
Une petite enquête, une phrase un peu malencontreuse, et voici notre jeune héros nanti de trois vrais fantômes, utiles mais un peu difficiles à canaliser.

Fabrice Colin, que je connaissais plus en roman grands ado (Le très connu "Bal de givre à New York") voire en adultes (L'excellente saga Mendelson) a réussi ici à s'adapter aux plus jeunes tout en restant aussi intéressant.

 Un grand merci aux Editions Rageot (j'ai gagné ce roman et les 2 suivants grâce au calendrier de l'avent)


Extraits :

Le décor est impressionnant : un vieux cimetière délabré, puis une épave de bateau-pirate, des cellules d'asile de fous, dans un bruit de violons grinçants.
Mais ce qui fiche surtout les jetons, ce sont les frôlements, les murmures, les cris venus de nulle part.

***

C'est vrai qu'ils ne sont guère effrayants, nos démons et nos squelettes : surtout quand toutes les lumières sont allumées et qu'on leur nettoie le nez au plumeau.































Illustré par Noëmie Chevalier
Collection Flash Fiction
(Lectures courtes, accessibles à tous, adaptées aux DYS)
Rageot 25/10/2017 - 111 pages (9 ans et +)
Résumé Babelio


mardi 30 janvier 2018

Délices et confidences Tome 2 : Tous pour une ! - Catherine Kalengula

Après mon coup de coeur du tome un "Bienvenue au club", j'ai bien entendu acheté pour "ma" Chloé la suite des aventures de cette Chloé.
Que je viens de lire volontiers d'un trait, mais sans le plaisir du premier.
Mauvais moment, lassitude de lecture, ou bien m'a-t-il réellement un peu déçu, je ne sais pas trop.
C'est un bon petit roman dans la lignée du 1, avec toujours les recettes précises, et les conseils de vie du grand-père disparu.
Je l'ai trouvé un peu trop "fille" (je me dispute, je me réconcilie, c'est le plus important...) avec ce pauvre Léo un peu coincé entre toutes les copines. Et plusieurs sujets un peu laissés en suspens (pour prévoir le tome suivant ?)
Sans doute aussi, le fait de reprendre au fil des pages l'essentiel du tome un, pour que les lecteurs qui commencent directement par celui-ci ne soient pas perdus, alourdit un peu l’histoire. Pour moi qui venait de relire le premier pour me "rafraîchir la mémoire" c'était forcément redondant même si compréhensible.

Un petit clin d'oeil amusant sur le nom du seul garçon de l'histoire : Léo Mallet !
Et un petit regret : qu'il n'y ait pas un bref sommaire pour retrouver les pages des recettes.

En résumé, un agréable petit roman pour les fillettes, une bonne idée pour donner envie de se mettre à la pâtisserie, une lecture facile et sympathique, mais rien d’exceptionnel.

Extraits :

Elle venait de se rappeler combien, avant, le fait que tout le monde se connaissait à Vasquerol la terrorisait. Désormais, elle trouvait ça plutôt sympa. Les voisins se souciaient de vous lorsque vous ne montriez pas le bout de votre nez plus de deux jours d'affilée. Et il suffisait de sortir chercher du pain pour bavarder pendant trois heures.

***
Lorsqu’une recette est terminée, il faut savoir tourner la page et en inventer une autre encore meilleure.



Illustrations de Marie Spénale
Flammarion Jeunesse ; 08/2016 ; 174 pages
Résumé Babelio