mardi 23 mai 2017

Chemins toxiques - Louis Sachar

Titre original : Fuzzy Mud (2015)
Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Jean-François Ménard
Gallimard jeunesse 2016
Romans Junior - À partir de 9 ans - 234 pages
Résumé Babelio

C'est le huitième roman de Louis Sachar que je lis, certains aimés modérément comme "Le garçon qui avait perdu la face", la plupart bien appréciés, par exemple "Il y a un garçon dans les toilettes des filles" ou "Des poissons dans la tête". Bien entendu, ceux dont je me souviens le mieux c'est "Le passage" avec sa suite "Pas à pas"et son "livre pratique" : "Manuel de survie de Stanley Yelnats pour le camp du lac vert".
Donc tout de suite, le nom de l'auteur m'a donné envie de découvrir ce nouveau roman. Et il en vaut la peine. Presque aussi ahurissant que Le Passage !
Un roman plein de suspens, une histoire très écologique et très inquiétante, un roman adolescent  d'humour et de peur.
Ça commence assez tranquillement, Tamaya, en CM2 dans une école privée de Pennsylvanie, n'est plus du tout populaire, et souffre des moqueries et d'être mise à l'écart. Un début très classique donc, qui va rapidement monter en puissance lorsque pour échapper au "méchant" de l'école, Tamaya et Marshall, qui doivent rentrer ensemble chez eux, s'égarent dans la forêt interdite.
Pour qu'on devine peu à peu ce qui se passe, des extraits d'interrogatoires secrets sont donnés de temps en temps en encadré.
Un contrepoint intéressant à l'histoire, qui pourrait être juste un thriller.
Ça peut aussi  induire un peu de complexité pour les plus jeunes lecteurs. A partir de 9 ans comme donné sur la couverture me parait un peu jeune. Quoique, c'est assez terrifiant mais facile à lire, ça dépend donc des lectures habituelles.

Un excellent roman junior, une lecture très intéressante et qu'on ne lâche pas.
J'ai beaucoup de chance avec mes lectures en ce moment, plus de coups de coeur que de déceptions !

Extraits :

Incipit :

L’école Woodridge, un établissement privé de Heath Cliff, en Pennsylvanie, avait été autrefois la résidence de William Heath qui avait donné son nom à la ville. Près de trois cents élèves fréquentaient l’école installée dans un bâtiment de trois étages en pierres noires et rouges, où William Heath avait vécu de 1891 à 1917, en la seule compagnie de son épouse et de ses trois filles.
Tamaya Dhilwaddi était en CM2 dont la salle de classe, située au troisième étage, avait été la chambre à coucher de la plus jeune des trois filles. La maternelle occupait les anciennes écuries.

***

- Qu'est-ce que tu as fait pour qu'il soit aussi furieux contre toi ?
- J'ai répondu à une question en classe.
Tamaya ne comprit pas.
- Et alors ?
- C'est différent quand on est en cinquième. On ne doit pas montrer qu'on sait quelque chose.

***

Tamaya commença à ressentir des picotements dans la main droite et elle la frotta de son autre main. Elle n'avait pas vraiment mal. Elle éprouvait une sorte d'effervescence à la surface de la peau, comme lorsqu'on ouvre une canette de soda.


2 x 1 = 2
2 x 2 = 4

***

Je suis là gémit-il. Et toi, tu es où ?
Un sentiment d'horreur, de dégoût, de pitié la submergea. Quand elle parla enfin, ce fut d'une voix douce.
- Tu as faim ?

2 x 1 048 576 = 2 097 152
2 x 2 097 152 = 4 194 304 






lundi 22 mai 2017

Les Petites Reines - Clémentine Beauvais

Sarbacane 2016
Collection Exprim' - 270 pages
Résumé Babelio

Et voila, j'ai enfin pu lire ce roman, que je recherchais depuis près de deux ans.
Disparu de la bibliothèque où j'emprunte régulièrement (et personne ne s'en était aperçu, je l'ai donc demandé / cherché un bon moment avant de me faire une raison) j'ai pu profiter d'un tout nouveau service de navette entre quelques bibliothèques de l'agglo pour l’avoir enfin entre les mains.

Entre temps, j'avais lu du même auteur Comme des images, puis Songe à la douceur, presque plus connu que les Petites Reines.
J'abordais donc ce roman assez partagée : tant de critiques positives, mais un auteur que je n'avais pas réussi du tout à apprécier, mes goûts sont bien souvent un peu atypiques !
Je tenais tout de même à le lire, parce que le sujet me paraissait très intéressant.
J'ai bien fait de persévérer dans ma recherche : gros coup de coeur cette fois !

Je ne reprendrais pas le résumé, je pense que tout le monde, du moins ceux intéressés, en ont entendu parler.
Je dirais juste que c'est drôle, dynamique, encourageant, plein de bonnes idées.
Evidemment totalement utopique, mais qu'est-ce que ça fait du bien !
Sur un thème qui aurait pu être aussi triste que les autres livres que j'ai lu, parce que le harcèlement, ça ne prête pas à rire, l'autrice a mis en scène des filles battantes,qui vont retourner à leur avantage toutes les critiques, et mettre les rieurs de leur côté.
Avec des personnages bien "fouillés" des filles très différentes et complémentaires, des solutions pour contourner les difficultés - on n'est plus à l'époque des 6 Compagnons, qui partaient seuls avec leurs vélos et leur remorque, sans que personne n'y trouve à redire ! - un road-movie extraordinaire de courage et d'humour.
J'ai aimé que cette fois, il soit question de filles de province, et qu'on découvre quelques pans de la belle France au passage.
En fait, j'ai tout aimé, et notamment l'écriture, qui m'a emportée au fil des pages.
Cette fois, je suis d'accord avec la majorité !!

Extraits :

Tous deux nous regardent passer, émerveillés, comme des gens qui de bon matin, ont rencontré le train de trois grandes reines qui partaient en voyage.

***

... une jeune demoiselle parée de forts jolies toilettes, comme dit ma grand-mère, ce qui signifie non pas qu'elle se trimbale un WC portatif sur l'épaule, mais qu'elle est ceinte de vêtements parfaitement seyants.

***

On grignote des biscuits faits maison avec très probablement du sucre, du chocolat, du beurre, des gravillons et du ciment frais.

***

Ce n'est pas que je n'aime pas mon corps, hein ! C'est juste que je le déteste.

***

- Tu sais changer une roue, toi ?
- Astrid, Astrid, ne sois pas une telle noircisseuse de vie en rose. Toujours des questions qui impliquent qu’on ne sait pas faire ceci ou cela ! Je sais très bien changer une roue ! Il faut remplir une bassine d’eau, ensuite on met la roue dedans, et quand ça fait des bulles, hop c’est prêt.
- Tu confonds avec la recette des pâtes.

***

– Je ne comprends pas pourquoi vous vous entêtez à revendiquer ce nom de Boudins ! s’offusque Maman. C’est un mot horrible.
– On le rendra beau, tu vas voir. Ou au pire, on le rendra puissant.

***

La roche de Solutré, c'est ce à quoi ressemblerait l'énorme rocher du Roi Lion s'il était posé au coeur de la Bourgogne, entre les vignobles jaunes et violets striés de chemins blancs.

***

- Le féminisme, chère Hakima, c'est l'idée qu'on ne naît pas femme, on le devient. Et que c'est un peu la merde de le devenir dans un monde où les mecs en sont encore à faire des concours de Boudins.

***
- T'écriras des trucs comiques, Mireille. T'écriras des trucs qui feront marrer les gens. C'est ça, ton domaine.
- J'aimerais bien, mais je peux pas, réponds-je tristement. Je veux le Prix Nobel de littérature, et on le donne pas aux écrivains marrants.


  • Elu meilleur livre jeunesse de 2015 par le magazine Lire
  • Prix Sorcières 2016
  • Prix Libr’Anous ados 2015
  • Prix Millepages
  • Prix NRP
  • Nominé Prix des Incorruptibles 2017.
  • Liste d’honneur IBBY International 2015, représentant la France dans la catégorie ‘Ecriture’
  • Les droits d’adaptation cinématographique ont été vendus à Lionceau Film
  • L’adaptation théâtrale, mise en scène par Justine Heynemann, débutera en 2017. 
  • Nominé: Prix Adolises, Dis-moi ton livre, Enlivrez-vous, Livre Elu à Besançon, Brive, Dévoreurs de livres à Evreux, Lire Elire, Mans et Sarthe, Littérados, REAL et RTS Délire d’or.



dimanche 21 mai 2017

Beignets de tomates vertes - Fannie Flag

Titre original : Fried green tomatoes at the Whistle Stop Cafe
Traduit de l'américain par Philippe Rouard
Editeur J'ai lu 2015
Première parution : 1987 (1992 pour la version française)
Résumé Babelio

Tout à fait par hasard, j'enchaîne avec un autre livre sur les U.S.A. (Ceux que j'ai intercalé entre étaient des lectures plus anciennes pas encore chroniquées)
Après L'attrape-coeurs, puis Miss Dumplin me revoici dans l'Amérique profonde, et en partie presque à la même période que le Salinger.
Sauf qu'ici, dès le début, je me régale. Je voulais le lire depuis fort longtemps sans parvenir à me le procurer (merci la nouvelle navette expérimentale de quelques bibliothèques de l'agglo qui m'a enfin permis de le lire). Un vrai coup de coeur pour le moment, même si je m'embrouille un petit brin dans les époques.

Inutile de vous faire un résumé, je dois être à peu près la seule personne ne l'ayant pas encore lu (ou n'ayant pas vu le film ?)

Voilà, à présent, terminé en un rien de temps, un vrai chouette coup de coeur.
J'ai un peu eu du mal avec l'ordre non chronologique, d’autant qu'il y a pas mal de personnages ; mais quel plaisir de les suivre, de les retrouver.

Au début, je préférais les récits de Ninny, plutôt que la vie de cette pauvre Evelyn. Mais peu à peu, je me suis aussi attachée à elle, même si bien entendu, la chronique de la vie au Whistle Stop Cafe, ses personnages hauts en couleurs, la gentillesse et la générosité d'Idgie, on ne voudrait plus les quitter.

C'est beau, vrai, souvent drôle, même si leur vie ne l'est pas forcément. Quel régal. On rit, on sourit sans cesse.
Les petites chroniques de Dot Weemens sont savoureuses.
Et le paragraphe où l'on disserte sur les couilles, drôle mais criant de vérité !

Bref, j'ai tout aimé là-dedans !
Et à la fin, ... on a les recettes :-)


Extraits :

Idgie fait savoir à tous ceux qui la connaissent de ne pas s'inquiéter, ce n'est pas elle qui cuisine, mais deux femmes de couleur,
[...]
que le petit-déjeuner est servi de cinq heures trente à sept heures trente, et qu'on peut avoir des oeufs au plat, du gruau de maïs, des petits pains au lait, du bacon, de la saucisse, du jambon à la sauce piquante et du café, le tout pour vingt-cinq cents.

***

- Vous pouvez toujours me demander qui s'est marié en quelle année et avec qui et même comment était la robe de la mariée, neuf fois sur dix je pourrai vous le dire, mais jamais, au grand jamais, je ne saurai vous dire quand je suis devenue vieille. Ça m'est tombé dessus sans crier gare.

***

Smokey Phillips leva les yeux mais ne dit rien, et les autres dirent la même chose.

***

L'homme qui, il y a deux semaines, a vendu ici, à Whistle Stop, des machines à coudre censées vous guérir de vos maux en même temps qu'elles vous piquaient les ourlets, a été arrêté à Birmingham. Les machines ne venaient pas de Lourdes, en France, mais de Chattanooga, dans le Tennessee, et elles n’étaient pas miraculeuses du tout. La nouvelle a beaucoup contrarié Biddie Louise Otis, car elle pensait que celle qu’elle avait achetée avait considérablement soulagé ses rhumatismes. 

***

Après ça, quand je suis arrivée chez moi, j'ai dit à mon amie Mrs.Otis qu'il ne nous restait plus qu'à attendre de claquer...Elle m'a répliqué qu'elle préférait dire "s'éteindre". La pauvre, je n'ai pas eu le coeur de lui dire qu'on n'était pas des lumières et que, de toute façon, péter les plombs, s'éteindre ou claquer, c'était du pareil au même...

***

Ceux qui souffrent le plus en disent toujours le moins.

***

Le Whistle Stop Café était le foyer de tous ceux qui n'en avaient pas, c'était là qu'on se retrouvait tous, c'était là qu'était la vie. (p. 454)

***

« Un jour, Cleo, au moment de partir travailler, m'a montré toute une bande de merles posés sur le fil du téléphone devant chez nous, et il m'a dit : "Fais attention au téléphone aujourd'hui, Ninny, tu sais qu'ils écoutent tout ce que tu racontes. Le son de ta voix leur parvient par les pattes." (Elle regarda Evelyn.) Vous croyez que c'est possible ? »
-Cleo plaisantait, Mrs. Threadgoode, répondit Evelyn en riant.
- Oui, je m'en doute un peu, mais en tout cas, quand j'avais un secret à confier à quelqu'un, je m'assurais qu'ils étaient partis. Cleo n'aurait jamais dû me dire ça, sachant combien j'étais bavarde au téléphone. Je passais des tas de coups de fil tous les jours.

***

Plus tard, dans l'après-midi, quand Grady avait rappliqué avec ces deux policiers de Géorgie pour interroger son Daddy à propos du Blanc disparu, Artis avait failli tomber dans les pommes en voyant l'un des hommes s'approcher et jeter un coup d'oeil dans l'énorme marmite. Il était sûr que le type avait vu le bras de Frank Bennett danser parmi les morceaux de cochon. Mais évidemment il n'en était rien car, deux jours plus tard, le même bonhomme, un gros rougeaud, dit à Big George qu'il n'avait jamais mangé meilleur barbecue de sa vie, et il lui demanda quel était son secret.


***

Quand on pense que ces crétins sont terrifiés à l’idée de manger à côté d’un Noir et qu’ils gobent des œufs crus sortis tout droit du cul d’une poule !


vendredi 19 mai 2017

Des livres et moi - Matt7ieu Radenac

Syros 2017
Collection Tempo ; 97 pages
Résumé Babelio

Souvent, quand j'attends beaucoup d'un livre, je suis parfois un brin déçue. Mais pas cette fois ! Un immense coup de coeur.

J'avais été enthousiasmée par deux livres écrits avec Yaël Hassan, le sublime "La fille qui n’aimait pas les fins", et le tout petit "C'est l'histoire d'un livre" mais là c’était pour moi une découverte de l'écriture de Matt7ieu Radenac seul. Un exercice assez difficile en plus, puisqu'il s'agit d'un roman épistolaire entièrement par mails.
Contrairement à d'autres de ce type, bien écrit, pas lassant, sans concessions inutiles au langage SMS etc ...
La forme est donc intéressante, un échange par mail entre un ado et un écrivain.
Un ado non lecteur, qui déteste l'école, les cours de français, les romans, et un écrivain qui peine à continuer sa carrière.
Des mails bien datés, jamais inutiles, où chaque attente est significative. Réponse rapide ou après un délai volontaire qui en dit long.

Et le fond est passionnant.
Le sujet principal est bien les livres, la lecture et la non lecture, la "peur " des livres, et une évolution qu'on souhaite à tous. Correspondant bien au superbe titre.
Mais on parle aussi, et tout en finesse, de famille, de violence conjugale, d'amitié. Et puis de l'art, et notamment du street art, avec une belle vision de cela.

J'ai du mal à expliquer combien j'ai aimé ce livre ; tout ça finalement ne donne qu'un aperçu insuffisant : c'est un roman passionnant dont on regrette qu'il finisse si vite.
Et quelle fin !! Une pirouette à laquelle je ne m’attendais pas du tout ! Qui m'a laissée un peu frustrée tout de même, mais tellement bienvenue.

Voila; Je ne peux pas mettre plus de 5 sur 5 et je le regrette !
A lire et faire lire d'urgence si vous avez la chance qu'il vous reste encore à découvrir !

Extraits :

La vraie lecture commence quand on ne lit plus seulement pour se distraire et se fuir, mais pour se trouver.

***

Comme je vous l'ai déjà dit, je ne lis pas. En plus, j'ai regardé : 179 pages... Êtes-vous complètement dingue ? Vous ne m'avez pas dit pourquoi vous voulez refaire un livre. Pourquoi ne pas prendre votre retraite et voilà... ? Après tout, vous en avez l'âge, non ?

***

Ce roman agit sur moi comme un aimant. 90 pages d'un coup ! Jamais ça ne m'était arrivé... C'est dingue !


mardi 9 mai 2017

Miss Dumplin - Julie Murphy

Titre original : Dumplin'
Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Isabelle Troin
Editions Michel Lafon 2016 - 378 pages
Résumé Babelio

Très ado, très américain !
Certains livres "junior" sont à lire et à apprécier à tout âge (comme par exemple la trilogie de la fille du futur) d'autres ne semblent destinés qu'à intéresser réellement les ado, vraiment ciblés.
Celui-ci m'a paru au premier abord faire partie de la deuxième catégorie, même si le sujet : être gros dans un monde qui n'apprécie que la minceur, est plus universel.
Je l'ai quand même continué, parce que ce monde de lycéens américain m'intéresse.
Et puis, je me suis prise d’amitié pour ces personnages, et je n'ai plus pu lâcher le roman.

Intéressant par la réflexion sur les défauts physiques, et comment les assumer ou pas. Sympathique par quelques personnages croisés, en mémoire de sa tante notamment. On y rappelle aussi combien les lycéens peuvent être cruels entre eux.
L'Amérique profonde, et son concours de beauté, seul événement de la petite ville.
Les réflexions d’adolescents moyens, qui essaient de survivre à cet âge.
L'amitié aussi, profonde et indispensable malgré les coups de vent.

Bref, finalement, un livre assez léger et facile à lire, mais qui fait réfléchir.

J'avoue à ma grande honte que j’ignorais tellement tout de Dolly Parton que j'ai cru tout le livre qu'il s'agissait d'une star créée de toutes pièces ici :-/
J'écoute à présent "Jolene" pour la 1e fois, et je ne sais si c'est dû à l’heure tardive, mais j'ai l’impression d'être transportée dans cette Amérique profonde que je ne connais que par les romans, et que je rêve de découvrir.
Très émouvant.
Envie de relire le roman avec la bande-son en fond.

Extraits :

Le chili est peut-être une spécialité du Sud mais, mon avis officiel, c'est que si ça ressemble à  de la bouffe pour chien et que ça sent la bouffe pour chien, ça doit être de la bouffe pour chien.

***
Je crois qu’on peut faire semblant d’être la personne qu’on voudrait être jusqu’à ce qu’on le soit devenu réellement. Parfois, pour réussir une chose, il suffit d’agir comme si on en était capable.

***

La perfection n'est rien de plus qu'une ombre, un fantôme que nous pourchassons tous.

***

Toutes les meilleures choses de ma vie ont commencé par une chanson de Dolly Parton.

***


Je pensais que je me foutais de mon image dans le miroir. Mais Bo a tout gâché. Ce qui n’a pas de sens : ça devrait être plus facile de se plaire quand on plaît aussi à quelqu’un d’autre.



Jolene (Jolene)

Jolene, jolene, jolene, jolene
Jolene, jolene, jolene, jolene
I'm begging of you please don't take my man
Je t'en supplie ne me prend pas mon homme
Jolene, jolene, jolene, jolene
Jolene, jolene, jolene
Please don't take him just because you can
S'il te plaît ne le prend pas juste parce que tu le peux
Your beauty is beyond compare
Ta beauté est au-delà de toute comparaison
With flaming locks of auburn hair
Avec tes mèches flamboyantes et tes cheveux aubrun
With ivory skin and eyes of emerald green
Avec ta peau d'ivoire et tes yeux d'émeraude
Your smile is like a breath of spring
Ton souffle est comme la brise de printemps
Your voice is soft like summer rain
Ta voix est douce comme la pluie d'été
And I cannot compete with you, jolene
Et je ne peux rivaliser avec toi, jolene
He talks about you in his sleep
Il parle de toi dans son sommeil
There's nothing I can do to keep
Il n'y a rien que je puisse faire pour m'empêcher
From crying when he calls your name, jolene
De pleureur quand il prononce ton nom, Jolene
And I can easily understand
Et je peux facilement comprendre
How you could easily take my man
Que tu pourrais facilement me le prendre
But you don't know what he means to me, jolene
Mais tu ne sais pas ce qu'il est pour moi, Jolene
Jolene, jolene, jolene, jolene
Jolene, jolene, jolene, jolene,
I'm begging of you please don't take my man
Je t'en supplie ne me prend pas mon homme
Jolene, jolene, jolene, jolene
Jolene, jolene, jolene, jolene
Please don't take him just because you can
S'il te plaît ne le prends pas juste parce que tu le peux
You could have your choice of men
Tu pourrais choisir ton homme
But I could never love again
Mais je ne pourrais jamais aimer à nouveau
He's the only one for me, jolene
Il est le seul pour moi, jolene
I had to have this talk with you
J'ai du avoir cette discussion avec toi
My happiness depends on you
Mon bonheur dépend de toi
And whatever you decide to do, jolene
Et quoi que tu décides de faire jolene
Jolene, jolene, jolene, jolene
Jolene, jolene, jolene, jolene,
I'm begging of you please don't take my man
Je t'en supplie ne me prend pas mon homme
Jolene, jolene, jolene, jolene
Jolene, jolene, jolene, jolene
Please don't take him even though you can
S'il te plaît ne le prends pas même si tu le peux
Jolene, jolene
Jolene, jolene

En savoir plus sur https://www.lacoccinelle.net/270277.html#KIKGM94r4sIVuVC5.99


lundi 8 mai 2017

La ballade de Cornebique - Jean-Claude Mourlevat

Illustrations de Clément Oubrerie
Editeur : Gallimard jeunesse 2007
Collection : Hors-piste - 194 pages
Dédicacé par l'auteur le 1/02/2008 à la fête du livre jeunesse de Saint Paul Trois Châteaux
Résumé Babelio

Gros coup de coeur pour ce roman, aussi intéressant que les autres de l'auteur, mais plus léger.

Dommage que ni le titre ni la couverture ne donnent vraiment envie aux enfants de le lire.
Même résumer le roman est difficile : "c'est l'histoire d'un bouc", ça ne fait pas se bousculer les lecteurs.
Et pourtant, sitôt qu'on le commence, difficile de le lâcher.
Probablement un des livres les plus intelligemment drôles que j'ai lu.
L'écriture de Jean-Claude Mourlevat est toujours un régal, et en plus ici, on rit !
A conseiller à tout âge !

C'est ce que j'écrivais sur Babelio en 2013.
Jean-Claude Mourlevat est un auteur que j'apprécie tout particulièrement, il se renouvelle à chaque roman, et toujours avec des livres forts, et passionnants.
Celui-ci et en même temps drôle, émouvant, avec du suspens, de l'inattendu.
Je l'ai lu à mes petites de 8 et 10 ans, qui ne se décidaient pas à le lire seules, parce que c'est vrai, une histoire de boucs qui joue du banjo, ce n'est pas forcément très tentant.
Et nous avons passé vraiment de bons moments, un régal.

Dans la Chapelle des Gillons (Châtillon Saint Jean - 26) superbement restaurée

Extraits :

Un soir, le petit garçon de la ferme où il passe la nuit le surprend en plein monologue. Il s’étonne : 
- Tu parles à ta chaussette ?
L’enfant se tient immobile dans l’embrasure de la porte et attend la réponse. Cornebique ne se démonte pas :
- Bien entendu que je parle à ma chaussette. Pas toi ?
- Non.
- Jamais ?
- Jamais.
- Tu as tort. Il faut toujours parler à ses chaussettes. Sinon elles se vengent.
- Ah… Et comment ?
- Elles puent."

***

Guetteurs de taupinières ! Cavaliers sur ânes ! Marins d'étang ! Petits pétouilleurs ! Emmêleurs d'eau ! Empailleurs de mulots ! Tripoteurs de bouillasse ! Bouffeurs de chaussettes !
[...] 
Robinets d'eau tiède ! Petits pissoteurs ! Remplace-poubelles ! Dégoulinettes ! Bidons troués ! Boudinasses ! Sorties de tuyaux ! Chameaux plats ! Patineurs sur vermicelle ! Grignoteurs de trognons ! Lécheurs d'écuelles ! Mâcheurs de bouillie ! Jus de chique ! 
[...] 
Sirop de vomille ! Sous-marmites ! Entortilleurs de tire-bouchons ! Embobineurs de patafiole ! Fonds de barrique ! Débouche-burettes ! Gigots en costume ! Manivelles de secours ! 
[...] 
Fouille-tripes ! Trous de balles ! Renifleurs de pets ! Résultats de vermifuge ! Torcheurs d'éléphants !

***

Le garde s'avance et l'interpelle, la bouche mauvaise :
- C'est quoi votre médicament ?
Lem joue les imbéciles : 
- Pour la disparition du sesternum ?
- Non, pour ce que vous avez dit après.
- Ah, l'infracturation de la rostule ?
- Vous voulez dire de la rotule ?
- Euh, oui, la rotule. Nous autres scientifiques disons aussi la rostule à cause du grec rostulikem qui signifie euh... os du genou. Rostu : l'os et likem : le genou...

***

Et puis, même si je voulais rentrer, je pourrais pas : je sais plus où j'habite ! Je sais plus rien d'ailleurs... A part que je m'appelle Lem... parce que c'est marqué sur ma blague à tabac... Sinon j'ai tout oublié... C'est tout parti : ftt ! Asmatique, ça s'appelle...
- Amnésique, le corrige Cornebique.


2/04/2010 Jean-Claude Mourlevat en pleine lecture

Et si vous voulez en savoir plus, je vous conseille ce blog :
http://1erchapitre.over-blog.com/article-32675310.htmlhttp://1erchapitre.over-blog.com/article-32675310.html
qui en parle fort bien.

dimanche 7 mai 2017

Strada Zambila - Fanny Chartres

Ecole des Loisirs 2017
Collection Neuf - 213 pages
Résumé Babelio

Chronique douce amère de quelques mois de vie en Roumanie, pour deux petites filles dont les parents sont partis en France.
Un parti pris évident de lutter contre nos clichés. Chez nous (en France) Roumains = Roms. En Roumanie, les Roms sont aussi peu bienvenus, mis à l'écart voire plus par les Roumains.
On découvre ici une famille de Roumains, médecin et professeur. J'allais écrire aisés, mais justement, malgré leurs métiers, ils ne le sont plus, et on pense donc que c'est pour cette raison qu'ils partent en France, comme beaucoup.

Une bonne façon de nous faire voir de l'intérieur la vie là-bas, et combien nos préjugés sont souvent vraiment mal venus.
Une belle façon aussi d'entrer dans l'intimité de Roms sédentaires, mais méprisés tout de même par les Roumains.

Et pour finir, un autre thème aussi. Où l'on découvre une fois de plus que cacher quelque chose aux enfant sous prétexte de  les protéger ne fait que compliquer les choses. Et que ce n'est jamais une bonne idée.

J'ai bien aimé aussi l'idée du reportage photographique des enfants, la poésie des lieux, découvrir les mille petites choses cachées d'une ville, ou celles qu'on ne sait pas voir.

Un livre tendre qui m'a bien intéressée. Mais que je ne proposerai pas pour le moment à mes petites.

Non pas que je n’aimerais pas qu’elles le lisent, bien au contraire. Mais je pense qu'elles auront du mal à accrocher. Il est finalement assez "pédagogique," et plaira plus aux un peu plus grands.
Sauf que cette collection Neuf est en principe destinée aux 9-12 ans.

Mais si vous avez autour de vous des enfants très curieux de ce qui se passe un peu plus loin, et qui ne cherchent pas nécessairement du suspens ou de l'humour, n'hésitez pas à le proposer, il est bien intéressant et pas difficile à lire.


Extraits :

- T'en fais pas Ilinca. Ça ne me dérange pas ... Ce qui me dérange, ce sont les regards, les gens qui changent de place quand je monte dans le bus, les employeurs qui ne veulent pas de Roms, ceux qui proposent à ma soeur après dix années de droit une place de femme de ménage dans le cabinet d'avocats où elle avait postulé après son stage de fin d'études, les gens qui taguent : "Sale Tzigane" sur le kiosque à fleurs de ma mère,

***

J'ai réfléchi et j'ai pensé qu'on pourrait faire un blog photographique et poétique sur Bucarest. On prendrait des photos des lieux qui nous semblent les plus emblématiques, montrant le Bucarest que les gens ne voient pas ou ne veulent pas voir. Et on accompagnerait chaque photo d'un petit poème.

***

Dans l'esprit de beaucoup de Roumains, les Roms sont les premiers responsables des actes les plus vils. Et leur image n'est pas près de s'améliorer : même le dictionnaire de langue roumaine définit le terme "tzigane" comme un "épithète-adjectif donné à une personne ayant de mauvaises habitudes".

***

Comme chaque jour depuis la rentrée, je m'assieds à côté de Florin. Nous avons très vite compris que nous partagions un même principe vital, que mon grand-père résumerait de la manière suivante : "Aime ton voisin, mais ne supprime pas la clôture."

***

La langue roumaine réunit l’attente, le manque et le regret en un seul petit mot, qu’aucune autre langue ne peut traduire : le dor. Et je crois qu’en ce moment l’état de mon âme est tout entier contenu dans ces trois lettres. 



vendredi 5 mai 2017

L'attrape-coeur - J.D. Salinger

Traduit de l'américain par Jean-Baptiste Rossi
Edition Robert Laffont 1967
Collection Le livre de poche - 384 pages
Résumé babelio

La chronique de Ramettes sur ce livre


Et bien, il va falloir que j'admette que je ne suis définitivement pas douée pour apprécier les "bons" livres.

Voici un livre culte, tout le monde a l’air d'accord là-dessus.
Des années que je veux le lire, d’autant plus que nombre de romans ado que je lis y font référence. Un livre qui a une grande importance pour beaucoup (par exemple Holden mon frère)
J'ai enfin trouvé le temps de m'y plonger,et ....  je n’ai pas aimé, mais alors pas du tout.

Le style d'abord.
Sans doute révolutionnaire à l'époque où il est paru, puisque c'est du langage parlé.
Oui, mais c'est terriblement lourd, répétitif et ennuyeux.
Des expressions qui reviennent trois ou  quatre fois par page parfois.
Tout le monde est appelé "vieux", peut-être tournure de langage des jeunes de l'époque, mais répété pour chaque personne nommée, y compris la petite soeur ...
"Ça m'a tué aussi" est répété sans cesse, à tout propos, choses importantes comme anodines. Et des grossièretés qui n’apportent rien, devant presque chaque nom.
Et des répétitions à ne plus en finir.

Bref, j’avais noté d’abord "un peu horripilant au début". Je pensais que j'allais m'y faire, mais non, ça ne s'améliore pas.

Quant au fond ... d'accord, je ne suis plus ado depuis longtemps, mais franchement ce gamin, on lui donnerait  volontiers des baffes. De l'argent à ne plus savoir qu'en faire, et tout l'ennuie. Et bien moi, navrée mais il m'ennuie !
Une errance de trois jours dans New York, d'un jeune homme en rupture d'école. Ça pouvait être intéressant. Mais je n'ai rien vu d'intéressant à traîner son ennui sans que rien, mais absolument rien ne l'intéresse, se saouler, penser à faire quelque chose sans le faire, critiquer tout et tout le monde.

Les seuls mots que j'ai trouvé intéressants dans tout le roman, c'est la phrase de sa petite soeur, qui l'adore mais sait si bien le juger :
"Parce que tu n'aimes rien. Tu n'aimes aucune école, tu n'aimes pas un million de choses. Tu n’aimes rien."
Ça aurait suffi à le décrire, pas besoin de près de 400 pages !

J'ai persisté jusqu'à la fin, parce que je m'étais promis de le lire, mais aussi parce que je pensais qu'il y aurais au moins une chute à l'histoire, et même pas.

Je vois dans le résumé : des aventures cocasses ou émouvantes, et  je me demande à quoi ça fait allusion. C'est désespéré et désespérant.

Quand je pense à tous les excellents bouquins existant sur le mal-être adolescent ...



Extraits :

Il voulait toujours savoir qui venait. Je vous jure, si ce type était dans un naufrage, quelque part, et que vous lui portiez secours dans une saleté de barque, il voudrait savoir qui rame avant de monter.

***

"Hey dites donc, vous avez vu les canards près de Central Park South? Le petit lac ?  Vous savez pas par hasard où vont les canards, quand le lac est complètement gelé ? Vous savez pas ?"


jeudi 4 mai 2017

Moi et les Aquaboys - Nat Luurtsema

Traduit de l'anglais par Emmanuelle Casse-Castric
Titre original : Girl out of Water
Gallimard jeunesse 2016 - 312 pages
Résumé Babelio


C'est sympa, ça se lit vite et agréablement, on sourit beaucoup aux mésaventures de cette bande de pieds nickelés, mais je m'attendais quand même à mieux.
C'est vrai qu'après les aventures de Pénélope fille de Jane dans notre Moyen Âge, la barre était mise haut, j'ai eu tellement de mal à la quitter !

Pendant la première moitié du roman, je me suis dit que je n'étais clairement pas le bon public. J'ai beau ne lire que de la littérature jeunesse (ou presque) les romans vraiment ado ado, ce n'est pas tout à fait pour moi ! Les états d'âme d'une nageuse de haut niveau snobée par les autres élèves de sa classe ne m'émouvaient pas tellement.
Puis peu à peu, je me suis prise au jeu, entre sourire et suspens. Et je ne l'ai plus lâché.
C'est gentillet, un brin déjanté, avec des adultes aussi dingues que les adolescents.
La fin m'a plutôt déçue, comme l'impression qu'il manque quelque chose.
Peut-être une suite ?
Je la lirais malgré tout avec plaisir, c'est une bonne lecture de divertissement.

Extraits :

- J'étais sur le point d'accrocher des guirlandes lumineuses sur toi pour égayer l'atmosphère, mais avec les larmes j'ai eu peur que tu t'électrocutes.

***

Je déteste être la plus nulle de la classe. Je lève la main pour répondre à chaque question (mes réponses sont fausses la plupart du temps, mais tant pis, ça entretient la souplesse de mes bras)

***

- Quoi ? (Je soupire.) Je sais exactement à quoi vous pensez, allez-y, vous pouvez le dire tout haut.
Roman dit : 
- Ta soeur est canon.
Et au même moment, Gabe dit :

- Ton père a vraiment de belles jambes pour son âge. Ah, mince, c'était pas ça ?

***

Notre prof adooore nous mettre par deux pour faire des exercices en en binôme. Pourquoi ? Se mettre à deux ne rend pas les mathématiques plus amusantes ...

***

Je mesure un mètre soixante-dix-sept et je n'ai pas fini ma croissance. 

Ce n'est pas grave, si jamais j'ai un jour un petit copain, je pourrai le porter quand il sera fatigué.

mardi 2 mai 2017

Anouche ou la fin de l'errance. De l'Arménie à la vallée du Rhône. - Valentine Goby ; Philippe de Kemmeter

Editions Autrement Jeunesse 2010
Collection : Français d'ailleurs
20 x 26 cm ; 79 pages
Résumé babelio

Je suis assez mitigée sur ce livre. Le premier que je découvre de cette collection.

D'abord, mes raisons de le lire :
J'ai presque toujours vécu dans des villes avec une grande communauté arménienne.
Gardanne d'abord, pendant vingt ans. (A Gardanne, arrivée dans les années 1920 d'environ 900 arméniens, pour une population de 6000 habitants)
Puis Valence et alentours (Valence compte la plus grosse colonie arménienne en valeur relative : 6 % de la population)
Sans avoir cependant d'ami proche ou de famille qui en fasse partie (mais j'ai dû parfois gérer parmi mes élèves des conflits entre Turcs et Arméniens, le génocide n'est pas oublié des jeunes générations).
Dès que j'ai vu cet ouvrage dans la bibliothèque, je l’ai emprunté sans hésiter, d’autant plus qu'il était classé en roman enfants.

Une présentation originale : un grand format et deux parties.
La 1e, le récit, présentée sur des feuilles quadrillées à réglure 5x5 *
Raconté par Anouche à la première personne comme un journal intime, avec des illustrations souvent pleines page à gauche, et des petits dessins à droite, et une phrase reprise en vertical.

La 2e un dossier de dix pages sur fond grisé, avec des photos comme illustrations.

Quand Anouche se raconte, on est en 1925, et à Valence (ce que je n'avais pas vu en empruntant le livre) Chaque nuit, des cauchemars la réveillent, et, par le biais de ces cauchemars, on apprend ce qu'elle a vécu ces dix dernières années, terreur, massacres, exil.
C'est intéressant car connaître l'existence du génocide arménien est une chose, mais le vivre ainsi "de l'intérieur" aux côtés d'une toute petite fille, c'est vraiment autre chose.

Mais j'ai cependant été déçue.
D'abord, les dessins n’apportent pas grand chose à l’histoire, et je ne les aime vraiment pas. Je sais que chacun ses goûts (et qu'on n'en discute pas !), mais là, je n'y arrive pas !
Ensuite, je pensais que la vie de la période française serait plus détaillée. Sa maman retrouve un compagnon, et Anouche en souffre beaucoup, ayant l'impression à la fois de perdre l'attention unique de sa mère, et d'abandonner le souvenir de son père.
Ce côté familial prime sur la partie vie de ce peuple déraciné, et ça m'a gênée.
A part quelques notations sur les travaux qu'ils trouvent à effectuer, et sur les enfants qui doivent s'embaucher très jeunes, je n'ai pas eu l'impression d’entrer dans la vie de ces gens.
Rien (ou je n'ai pas su le voir) sur leur extraordinaire volonté de travail, leur volonté de s'intégrer, totalement différente de ce qu'on voit ce siècle-ci ou à la fin du 20e, leur capacité à vivre loin de chez eux et à s'y installer. Rien sur la vie au jour le jour surtout.

Et puis, je me demande quel âge est ciblé.
La présentation laisse penser à un livre pour enfants, plutôt que pour ado, qui n'iront probablement pas vers ce type de documents. D'ailleurs, il est bien rangé en roman enfant dans la bibliothèque où je l'ai emprunté.
Mais si je suis persuadée qu'il est important de parler de ces tristes périodes, de ne pas oublier, et de porter ce génocide souvent nié à la connaissance de tous, je n’ai pas envie de donner à lire ces massacres aux enfants de chez nous, de dix ans ou moins, qui ont la chance d'être épargnés actuellement. Ils apprendront bien assez tôt ces horreurs.
Je sais que tout le monde n'est pas d'accord, mais si je pense qu'ils doivent savoir, je les trouve  trop jeune pour leur décrire.

De même, j'ai trouvé important et intéressant qu'il y ait un dossier historique à la fin, mais il m'a paru un peu complexe pour les enfants.

J'ai regretté aussi que le lexique, de mots arméniens ou pas, soit "caché". Ni au début, ni à la fin, et pas signalé, je ne l’ai trouvé qu'après lecture, dommage ! Même si en fait, les mots sont compréhensibles, souvent expliqués à mesure.

Pour cette tranche d'âge (primaire et début collège) j'aime beaucoup la collection des romans Images doc chez Bayard, qui mêlent roman et documentaire. Je la trouve bien plus abordable, pour ceux que  j'en connais, que celui-ci.
Mais je vais essayer d'en lire d'autres de la collection, pour m'en faire une idée plus précise.

Extraits :

***

Dans mes cauchemars, je revois sa peau et ses dents qu'elle avait noircies de suie, son crâne rasé frotté au sable pour que ses cheveux repoussent mal, pour qu'elle soit laide, qu'un Turc ne vienne pas l'enlever, l'épouser, qu'on ne me la retire pas. 


***

Cette fois, je suis sous un tas de cadavres. Ils pèsent lourd sur mon corps de quatre ans, ces gens assassinés après un an de marche dans le désert. Je suis sous les cadavres, je ne bouge pas. Je dois être morte. C'est ma mère qui met fin au cauchemar.

***

[Dossier]
A l'issue de la Première Guerre mondiale, sur les 2 à 2,5 millions d'Arméniens que comptait l'Empire ottoman en 1914, les deux tiers - soit 1,2 à 1,5 million - ont péri. Lorsqu'en 1944, le juriste américain Raphaël Lemkin invente le mot et le concept de "génocide" (du grec genos = groupe, famille ayant un ancêtre commun, et du latin caedere = tuer) pour définir le sort subi par les Juifs pendant la Seconde Guerre mondiale, il a aussi en mémoire l'extermination des Arméniens en 1915. 


Sources de mes données chiffrées :

Pour Gardanne

Pour Valence  (vous y trouverez de quoi compléter le sujet de façon intéressante)


* Et une petite question au passage : le quadrillage "à grands carreaux" en France est appelé réglure Seyès.
N'y a-t-il pas de nom pour les "petits carreaux ??!

lundi 1 mai 2017

Ne dites jamais jamais - Nathalie Stragier (Tome 3)

Editeur Syros (6 avril 2017)  500 pages
Résumé Babelio


Quel bonheur que cette trilogie !
Comme tous les lecteurs des deux précédents tomes, (Ne ramenez jamais une fille du futur chez vous, et Ne retournez jamais chez une fille du passé), j'attendais avec impatience la sortie du troisième. Tout en me demandant si j'allais être un peu déçue, risque de redite, livre trop attendu ...
Et bien au contraire. Tout aussi plaisant que les précédents, voire plus.

Aucun risque de monotonie, puisque dans ce dernier volume, nos héros ont quitté notre siècle pour celui de Pénélope.
Et là, l'autrice se régale et nous régale, avec un futur à son imagination, parfois ressemblant à notre époque, parfois fort différent, en mieux ou en pire.

Quand j'ai commencé cette série, je pensais lire un roman de distraction pure, une petite histoire de futur facile à lire.
Alors oui, c'est distrayant, oui c'est facile à lire, oui, c'est palpitant et attachant. Mais aussi profond, plein de sujets de réflexion, pollution, sexisme, consommation, avenir, ...
Bref, on passe un super moment de lecture, et on y pense encore longtemps après. Que de pistes soulevées, d'idées à débattre.
Et j’avoue avoir terminé la larme à l'oeil, non que ce soit triste, mais émouvant.

Un seul (gros) regret : c'est terminé, je dois quitter Pénélope, Andrea, Pierrick, Antarès.
Et j'aurais bien aimé retrouver Tiago, passer encore un moment avec Lys, en savoir plus sur Phoolan, découvrir le lien entre Yoan et Rosalind.

Mais ... on peut continuer la réflexion puisque le livre se termine par une belle liste de femmes qui ont agi, dans des domaines variés, et dont hélas parfois le nom ne nous est pas vraiment familier.

Si vous n'avez pas encore lu cette trilogie, et bien ... je vous envie d'avoir à la découvrir. On rit, on tremble, on se demande ce qui va se passer, on se prend d'amitié pour certains, et on ne voudrait plus les quitter, mais il faudra faire un choix, ... quelle époque ? 

Extraits :

Tu es petite car c'est plus pratique.
- Vraiment ?
- Bien sûr. Un corps trop grand nécessite beaucoup de nourriture, beaucoup de tissu pour être protégé du froid, beaucoup d'énergie pour se déplacer. Ce n'est ni économique ni écologique. CQFD. Être petit, c'est l'avenir.

***

- En vous comportant comme les hommes du passé, vous, femmes du futur ... Vous ne valez pas mieux qu'eux.

***

- Tu vas quand même pas bouffer ça ! grimace Pierrick.
- Je vais me gêner !
Et j'enfourne le grillon avec plaisir. J'aime aussi beaucoup les larves en beignets, et les vers de farine au curry.

J'ai été tellement intriguée par l'autrice capable d'écrire des romans aussi intéressants que je me permets de partager ici le lien vers une interview.







dimanche 30 avril 2017

Je cultive mon potager - Abigaïl Wheatley

Texte : Abigaïl Wheatley
Illustrations : Anni Betts et John Russell
Expert-conseil : Hayley Young
Traduction : Pascal Varejka
Usborne 09/03/2017
21 x 25 cm - 64 pages
NOUVEAUTÉ   10.00 €
Résumé Babelio


Une couverture cartonnée bien épaisse et une reliure à spirale, un livre aussi beau qu'utile.

Je conseillerais avant de le mettre entre les mains des enfants de regarder avec eux les pages générales.
En effet, il est très tentant, une fois feuilleté le livre, de se précipiter pour semer ou planter, vu toutes les idées intéressantes qu'on y trouve.
Mais il est préférable de regarder les généralités du début : précautions, matériel, et surtout renvoi vers le dossier de la fin, conseils et techniques. Extrêmement bien fait, images et courts textes, une double page par sujet, par exemple :
- Les pommes de terre nouvelles
- Les framboisiers (ça y est, ma petite fille connait cette page par coeur, et ne va pas tarder à l’utiliser !)
- Les pâtissons
- Planter pépins et noyaux
...

Ensuite, chacun pourra choisir, en fonction de ses goûts et de ses possibilités, les cultures qui le tentent.
Sachant qu'il est bien précisé au début que tout peut se faire en pots, pas besoin de jardin.



Tout est tentant, on trouve du classique et du bien plus original.

Après les pages par plantes, 8 pages de conseils et techniques, tout aussi bien faits et simples à utiliser, avec toujours un joli renvoi entre textes et illustrations.



Et comme souvent, les quicklinks Usborne, des liens Internet correspondant à ce livre, pour aller plus loin.
Un sommaire au début, un index alphabétique à la fin.
Et aussi un glossaire d'une cinquantaine de mots, bien expliqués.



Au final, un très beau livre qui donne terriblement envie de se mettre à jardiner (même à moi, et pourtant, c’était pas gagné, je n'ai jamais rien planté de ma vie !!) pour les plus jeunes, avec un peu d'aide, mais c'est très bien détaillé, comme pour les plus grands (ou plus vieux ;-)  )
je n'ai pas encore de recul pour prendre en photo les résultats de nos plantations, mais bien expliqué ainsi, ça ne peut que marcher, et c'est tellement amusant de jardiner ensemble !


Une de nos pages préférées : les fleurs comestibles (mais non, pas les tulipes !!)

Laisse quelques chenilles se transformer en papillons. Ils peuvent contribuer à la pollinisation.

***

Si tu veux éloigner les pucerons des haricots, tu peux planter une capucine à côté.