mardi 28 mars 2017

Bacha Posh - Charlotte Erlih

Actes sud junior 2013
Collection Romans ado 181 pages
Résumé Babelio

Je pense que ce roman sera mon coup de coeur de l'année !

Cependant, rarement un livre si court m'aura autant perturbée, du moins dans sa premiere partie.

Je savais avant de l'ouvrir ce qu'est une Bacha posh, c'est même pour ça que j'ai voulu le lire, et aussi parce que l’Afghanistan est un pays fascinant.
Mais je ne m'attendais pas en prendre ainsi plein le coeur ...
Cette façon "d'interchanger" les enfants, un jour tu es garçon, le lendemain tu redeviens fille et/ou l'inverse. Dans un pays où on est loin d'en être à réclamer l'égalité des salaires !! Dans un pays où les garçons ont tous les droits, les filles absolument aucun ; même pas celui de rester tête nue dans leur propre maison si  un garçon entre, même pas celui de regarder leur père ou qu'il leur parle.
Soudain, tout abandonner, sans un mot d'explication pour ses amis le plus proches, ceux qui ont besoin de lui/elle.
Horrible...
Décrit de l'intérieur, tout en douceur, on découvre la vie de Farrukh(zad) et de sa petite soeur.
On leur enlève d'abord toute l'innocence et les jeux de l'enfance, puis à peine quelques années plus tard, la liberté à laquelle elles se sont habituées, en échange d'une vie de service et d'enfermement.
Il est dit que c'est pour l'honneur des familles sans héritier mâle qu'on les fait passer pour des garçons.
Mais ça paraît peu probable vu la dissimulation que ça exige, et le fait qu'il va falloir mentir et inventer lorsque la puberté arrive.  Dans ce roman du moins, il semble que la raison première soit de pouvoir mettre au travail  la fille, et qu’elle soit rentable quelques années, avant d'être de nouveau enfermée.

La seconde partie du livre est un peu plus légère, pleine de l’énergie et de l'espoir de l'héroïne, une fois qu’elle décide de prendre sa vie en main. Mais toujours aussi palpitante, et au plus près des émotions et réflexions de la jeune fille.
On y découvre aussi un père étonnant, coincé entre les traditions et us du pays, et sa propre ouverture d'esprit, les traces qu'a laissé en lui son voyage en Europe.

Même si quelques pages où les manoeuvres d'aviron sont très détaillées, m'ont paru un peu longues, un roman auquel je mettrais volontiers plus de 5/5 !!


Extraits :


***


 ***

[Maude, la Française venue les entraîner] - Dans ce cas, on va en profiter pour faire la séance à terre.
- Qu'est ce qu'elle dit ?
- Elle ordonne la mise à l'eau du  bateau, traduit Sohrab avec un petit sourire.

***

Les Afghans sont tirés au sort pour courir en second. Depuis le rivage, ils observent les six premières équipes se mettre en place. Quelle n'est pas leur surprise lorsqu'ils s'aperçoivent que le barreur tadjik est... une fille. Farrukh n'en croit pas ses yeux. Il s'illumine. Son sang fait vibrer ses artères. C'est donc possible !






lundi 27 mars 2017

Au bonheur des chats - Gabrielle Vincent

Casterman 1995
Les albums Duculot
25 x 25 cm - 32 pages (np)
Résumé Babelio

Toujours en attendant le film Ernest et Célestine, nous avons aussi relu cet album, que j'avais déjà lu aux deux grandes il y a deux ans.
J'avais à cette époque noté ceci :
C'est très beau, très tendre, les chats dessinés par Gabrielle Vincent sont adorables , mais ... comme pour Au Bonheur des ours je n'arrive pas à avoir de coup de coeur, moi qui suis accro à tout ce qui est album de chat.
Je n'aime guère son dessin du vieux bonhomme (et sur la couverture, j'aurais préféré les chats en gros plan !)
Celui-ci, je l'ai lu directement à mes petites de 8 et 6 ans. 
"Juliette est morte" les a laissées un peu perplexes dès le début, le texte ne les a pas emballées. Heureusement qu'il y a ces adorables dessins de chats.
Il faudra que je le relise, peut-être la période ne s'y prête-t-elle pas pour moi ?
PS : Ce qui est intéressant est l'opposition entre les chats qui tentent de se faire nourrir, et ceux plus indépendants qui disent qu'un chat doit se débrouiller tout seul.

dimanche 26 mars 2017

La chambre de Joséphine (Ernest et Célestine) - Gabrielle Vincent

Les Albums Casterman - 2011
28 x 24 cm - 24 pages (np)
Résumé Babelio


J'ai profité d'une séance du superbe dessin animé Ernest et Célestine pour nous replonger dans les albums.
En attendant le début de la séance, j'ai lu cet "épisode" à mes trois petits.
C'est toujours un plaisir de retrouver l'ours et la petite souris.
Les dessins sont mignons, tout en douceur, et le texte est tendre et drôle.
Et ici en plus, une jolie remise en question de ce qu'on possède, des biens dont on a un besoin impérieux, etc ...


Extraits :

samedi 25 mars 2017

L'élève Seignobos - Collégien dans l'après-guerre - Robert Jail

Editions Plumes d'Ardèche - Avril 2015 - 277 pages (20,00 €)
Suite de Tibé, le Roi des airelles (La Fontaine de Siloé, 2006)
Résumé Babelio

Si j'ai tant aimé ce livre, c'est bien sûr tout d'abord pare qu'il parle de lieux que je connais, d'une époque à peine révolue pour moi. Mais pas uniquement.
Précisons que je l'ai emprunté sur un malentendu.

Je vois le titre, en expo dans la bibliothèque. Je suppose qu'il s'agit d'une biographie de celui qui a donné son nom au collège du lieu, collège de mes enfants, et bientôt de mes petits-enfants.
Surprise car on trouve rarement des renseignements sur lui.
Pour une fois, je jette un coup d'oeil rapide à la 4e de couv'. Aucune mention du principal du collège, mais sait-on jamais. Difficile d'en être sûr.
Je vois par contre qu'un autre tome a précédé celui-ci, je cherche sur la base de données, apparemment il n'a pas été acheté ici. Je commencerai donc directement par celui-ci.
Et là, gros coup de coeur.

vendredi 24 mars 2017

Traces - Florence Hinckel

Edition Mini Syros 2016
Des histoires de futurs / Soon 
Mini Syros + (A partir de 10 ans) - 121 pages

Décidément, que de petites pépites dans cette collection.
Une excellente porte d'entrée pour la SF et l'anticipation.
Un court roman qu'on ne lâche pas, trépidant, sympathique, haletant.

Ici, un futur très proche (?) tout est semblable à notre vie, sauf que la police teste le logiciel Traces, qui détecte à l'avance les gens susceptibles d’avoir un comportement criminel (d'après les traces qu'ils ont laissé partout, Internet ou pas).
Très facile donc de se projeter dans ce futur-là.
Pour la commissaire Olympe Sax, sympathique jeune motarde fâchée avec la technologie, deux affaires vont se mêler cette semaine-là, se croiser et finalement se rejoindre.

Ce qui la préoccupe, c'est de prendre en flagrant délit un parrain de la drogue, et pas de droit à l'erreur sur cette grave affaire.
Ce qu'on lui impose, c'est de dénicher Thomas, 13 ans, suspecté d'un futur crime, parce qu'il a fait des recherches sur Internet pour une fanfiction qu'il écrit ... et aussi parce que son père, qu'il ne connait pas, a fait de la prison. Thomas qui s'est enfui pour ne pas être arrêté.
Comment se fier à une telle analyse d'un logiciel. Et que faire d'un "futur criminel" qui n'a rien commis du tout ?

J'avoue avoir tremblé avec Thomas, qui ne sait plus où se réfugier pour échapper aux caméras omniprésentes, qui, ignorant (forcément) le gros coup préparé par la police voit dans toute cette présence policière une menace pour sa liberté.
Et tremblé que finalement, un geste malheureux de sa part ne donne raison au logiciel !

jeudi 23 mars 2017

Hilda et le géant de la nuit - Luke Pearson

Traduit du néerlandais par Judith Taboy
Editeur Nobrow 2011
Résumé Babelio

Contrairement aux précédentes B.D. lues parce que "chipées" à mes petites-filles, celle-ci, j'en avais vu de bonnes critiques et j'ai donc souhaité découvrir cette série.
Pris ce volume au hasard de la bibliothèque ; tome 2 semble-t-il, bien que ça ne figure aucune part.
Et j'ai été surprise de voir qu'il semble plus connu sous le titre "Hilda et le géant de minuit", avec exactement la même couverture.
Le papier est épais et agréable, mais j'ai regretté l'absence de numéros de pages, je trouve ça très agaçant !

Pour ce qui est du contenu, une jolie histoire, une fillette sympathique et réfléchie, attentive aux autres.
Un parallélisme entre sa présence immense et un peu destructrice face aux petits elfes qui peuplent son voisinage, et la présence du géant face à elle.
De bons sentiments, une jolie morale, une fin un peu tristounette.
Mais  ... je n'ai pas accrochée, je l'ai lu jusqu'au bout mais me suis un peu ennuyée.

mercredi 22 mars 2017

Je veux jouer sur Internet - C'est la vie Lulu !

Texte de Mélanie Edwards
Illustrations : Marylise Morel
Collection : C'est la vie Lulu ! n° 35
Bayard poche 2016 - 45 pages


Après le thème du vol, j'ai retrouvé Lulu sur un sujet intéressant aussi.
Emprunté par mes petites-filles, qui ont peu accès à Internet et sont donc naturellement attirées, mais elles ne m'ont pas parlé de leur lecture.

Ici, les auteures ont travaillé en collaboration avec "Internet sans crainte" et le dossier parle un peu de cet organisme, dont j'ignorais tout.

Sujet intéressant donc, avec comme toujours dans la collection (enfin je suppose !) un petit roman, plutôt une aventure qui arrive à Lulu, suivi d'un dossier.

mardi 21 mars 2017

Le mystère du chat empaillé - Les enquêtes de Scarlett et Watson

Auteur Jean-Michel Payet
Illustré par Mélanie Allag
Série : Les enquêtes de Scarlett et Watson
Editeur : Milan poche 2013
Collection Polar Cadet 18 x 13 cm ; 38 pages illustrées
Résumé Babelio

Une mignonne première lecture, dans laquelle on peut aider Scarlett, et son chat Watson, une fois les indices rassemblés, à trouver le coupable.
Les personnages sont présentés sur le rabat de la couverture.
Chaque début de chapitre, des petits encarts résument en une phrase les chapitres précédents (une couleur et une forme par chapitre - Une tête de renne, une chaussette de Noël, un coeur, un sapin, etc ... !)
Une lecture donc facilitée pour les jeunes lecteurs, même si la police de caractères n'est pas énorme. Il s'agit plutôt d'un livre "de transition" entre débutant et bon lecteur.
L’histoire est amusante : une grand-mère "tornade", qui sous prétexte de repas de noël à acheter, préfère amener Scarlett dans une librairie, et chercher désespérément les titres qui lui manquent pour sa collection de polars !
Quand un livre disparaît, Scarlett nous partage ses quelques indices, et on peut avec elle chercher le coupable.

lundi 20 mars 2017

Huit saisons et des poussières - Séverine Vidal

Illustrations : Anne Montel
Editions : Les Incorruptibles 2015
1e édition : Les P'tits Bérets 2014
17 x 24 cm - 32 pages (np)
Sélection Prix des Incos 2015-2016
Résumé Babelio

Un album par sa présentation, grand livre souple très illustré, non paginé, autant d'images que de texte.
Mais un grand roman par son contenu !
Un vrai bijou que ce petit texte.
Je l'ai lu d'un trait, sitôt arrivé, puis relu. Mais j'ai du mal à en parler. il est si beau, si juste, qu'on ne peut rien en dire, juste conseiller de le lire.
Tout est juste, chaque situation, chaque phrase, chaque mot. Tout est suggéré plutôt qu'étalé, et j'avoue en finir chaque lecture en larmes.

Je reprends, pour une fois, le résumé :
"Le père d’Amos vient de rentrer à la maison, après un peu plus de deux ans de déportation. Huit saisons et des poussières. La famille s’habitue à son retour, doucement, en silence. À l’école, les autres se moquent, disent des horreurs. Alors Amos se bat, rentre de l’école en courant et se réfugie en haut de son arbre. « Si tu ne descends pas, c’est moi qui monte » lui ordonne son père. Commence alors la vie dans l’arbre."

Et je n'en dirai pas beaucoup plus.
Je voudrais tout de même

dimanche 19 mars 2017

Hold-up à la crèche (Enfer et couches-culottes) - Brigitte Richter


Résumé Babelio

Ce court roman (90 pages) était paru sous le titre de "Enfer et couches-culottes" puis réédité sous "Hold-up à la crèche" (ou peut-être le contraire !).
Il m'amuse tant que j'ai les deux versions chez moi, et que je l'avais mis au Prix Mélusine 2002 (notre prix littéraire pour les CM)
Je l'ai lu ce weekend à mes petits, et j'avoue, j'avais oublié l'avoir déjà lu il y a deux ans aux filles (8 et 10 ans 1/2 à présent). Elles s'en souvenaient, mais était ravies de l'entendre encore une fois. Et le petiot de 5 ans a beaucoup aimé lui aussi.
J'en profite pour reprendre ici ma critique, puisque je ne l'avais pas mise.

La petite communiste qui ne souriait jamais - Lola Lafon

Editions A vue d'oeil 2014
Collection 16/17 ; 377 pages
Résumé Babelio

Depuis sa parution, je me promettais de lire ce roman, puisqu'il est intitulé roman.
Le sujet m'intéressait, je me souvenais bien de Nadia Comaneci.
Même si je ne m'intéresse que rarement aux sports, j'avais forcément suivi ce côté-là des J.O. de Montréal, on en parlait tellement.
Quand j'ai croisé le livre en grands caractères, je me suis empressée de l'emprunter et j'en ai commencé immédiatement la lecture (tout de suite dans la rue en remontant de la bibliothèque !!  Oui, je fais partie de celles qui lisent en marchant - seulement quand je reviens de la bibliothèque, avec toujours un livre très tentant - et j'ai découvert il y a peu que plein de bibliothécaires font de même. Ici, on me regarde un peu bizarrement !)

samedi 18 mars 2017

Le garçon qui parlait avec les mains - Sandrine Beau


Illustrations : Gwenaëlle Doumont
Editions Alice 2015
Collection Primo 91 pages
Résumé Babelio

Un petit roman bien construit, intelligent, absolument superbe.
Manolo est espagnol, ce qui déjà, intéresse Victoria, Manolo est fascinant à ses yeux, dès son arrivée en cours d’année dans l’école. Mais Manolo est sourd.
Si pour Victoria, la communication arrive à se faire très vite, pour d’autres élèves, sourd semble encore synonyme de débile, même au 21e siècle.
Et quand certains parents s’en mêlent, souhaitant une pétition pour exclure cet élève, parce que « il ne faudrait pas que nos enfants prennent du retard » ça n’arrange rien.

J’ai trouvé tout très juste dans ce roman : les réactions variées des élèves, celles des parents (et de leurs enfants) face à la pétition proposée, les rapports dans la classe, une meneuse etc …
Et la « solution » proposée par Victoria (et Manolo), solution à la portée de tout élève, sans rien d’extraordinaire, va s’avérer géniale, et efficace.

On se prend à souhaiter que tous les élèves lisent ce roman, mais aussi tous les enseignants. Parce que si la classe n’est pas forcément confrontée à ce genre de problème, elle peut l’être à des tas d’autres variantes d’exclusion volontaire d’un groupe.