dimanche 10 décembre 2017

Les Couzinzines - L'Été - Anne Gutman et Georg Hallensleben

Une gentillette chronique d'un été en famille, vue par l'aîné des cousins.
C'est agréable à lire, ça donne envie de passer l'été dans une de ces grandes maisons où tout le monde se retrouve.
Contrairement à beaucoup de romans sur ce thème, pas de grands-parents au rôle essentiel ici.
Les parents essaient de profiter de leurs vacances, et délèguent l'essentiel aux enfants les plus grands.
Chaque chapitre retrace une anecdote ou une aventure advenue cet été-là, mais le tout s’enchaîne pour former un vrai roman
Un petit suspens avec une chute un peu inattendue.
Facile à lire, devrait plaire aux enfants qui rêvent de cousins, et à ceux qui rêvent de tranquillité au milieu d'une famille nombreuse !

Sur la couverture, on a le portrait de tous les cousins, et sur la 4e apparaissent en plus les parents

Extraits :

Les petits par ordre de taille (certifié par les traits faits sur le mur de la cuisine par oncle Martin, chaque premier jour de vacances) : Petronille la plus grande (et la plus insupportable), Tom, Théophile, Balthazar, Arsène, Augustine, Perle et Anatole. 
Et moi, Achille dix ans et demi, tout en haut. Je suis le plus grand des cousins.

***

Pendant les vacances dans notre maison du Sud, je suis responsable des petits : il faut m'écouter, c'est moi le CHEF !
Mais je dois aider les petits. Le problème, c'est qu'il faut les aider pour faire leurs lacets, pour traverser la route, récupérer leur ballon, trouver leur doudou... il faut les aider tout le temps, et pour tout.


Hachette 28/06/2017
Collection Romans - 152 pages
Résumé Babelio


samedi 9 décembre 2017

Le Kididoc autour du monde - Sylvie Baussier

Une mine de renseignements, de volets qui s'ouvrent, qui se déplient, de pop-up, d'enveloppes (avec d'adorables cartes postales à l’intérieur).
Et à la fin un grand poster à décoller, un côté carte du monde en dessins, un côté drapeaux.

Un bel album carré, un très beau Kididoc qui plaira à tout âge ou presque !
Un coup de coeur chaque fois que je l'ouvre !! Les Kididoc sont toujours bien il me semble, mais celui-ci est une vraie réussite.

Extraits :

VRAI OU FAUX ?
- La plupart des humains habitent à la campagne ?
- Une ville peut être partagée entre deux continents ?
- Il y a des endroits où le soleil ne se couche jamais en été ?





Illustrations : Didier Balicevic
Nathan 2015
24 x 24 cm ; 32 pages, toutes à déplier, ouvrir, tourner ...
Résumé Babelio


vendredi 8 décembre 2017

Le temps des Marguerite - Vincent Cuvellier - Robin

Une très chouette idée pour une BD amusante et instructive.
Une double BD plutôt, puisqu'on suit en même temps la vie des deux Marguerite, à une siècle de distance.
D'où le format insolite de ce livre.
1910, 2010, deux fillettes de douze ans, habitant la même maison.
Sans le vouloir, sans se connaître bien entendu, elles échangent leur vie et leur siècle.
On découvre donc chaque époque à travers les yeux d'une Marguerite parachutée dans une année loin de la sienne, et qui ne comprend pas tout.
C'est forcément très drôle, plein d'imprévu et de malentendu. Mais surtout, il y a à la fois le parallèle entre les deux époques, et l'oeil neuf de celle qui débarque là sans s'y attendre.

Et pour plus de clarté, les illustrations ont des couleurs différentes. Tons jaunes en hauteur 1910, tons bleus en bas pour 2010.

Une vraie réussite, ludique et instructive. Je l'offre volontiers autour de moi.
Juste pour les plus jeunes, il faut veiller à ce qu’ils comprennent le "passage" d'une époque à l'autre. Le reste est de lecture facile.

Extraits :

C'est comme si j'étais au même endroit...mais pas à la même époque...

***
[Marguerite] - Qu'est-ce que tu fais ?
(La grande soeur] - Mais enfin, tu le vois bien, Marguerite. Je prépare mon trousseau.
- Ton trousseau ? Tu veux dire ta trousse ?
- Hi hi ! Comme tu es drôle ! Tu sais bien que je me fiance à l'été, ne fais pas ta sotte !




Éditeur Gallimard Jeunesse 2014
Collection Giboulées 121 pages format 18 x 31 cm
Résumé Babelio

jeudi 7 décembre 2017

Wiggins, Sherlock et le mysterious poison - Béatrice Nicodème

Après une enquête à Oxford, puis une en Ecosse, je découvre dans la même collection une nouvelle aventure en version bilingue, à Londres cette fois.
Avec une particularité pour ce volume : nous retrouvons Wiggins, le personnage de la série de Béatrice Nicodème, habituellement en français.

J'ai donc, comme d’habitude, bien aimé ce roman et ces personnages. D'autant plus que, comme dans Wiggins et les plans de l'ingénieur, on se retrouve avec les petits Johnnies, ces jeunes vendeurs d'oignons qui partaient de Roscoff vers Londres tout l'automne.
C'est même en quelque sorte la suite (même si ça se lit de façon totalement indépendante) puisque Louis, le jeune garçon qui avait partagé avec Wiggins la 1e aventure londonienne, se blesse, et que c'est Guillaume, son jeune frère, qui part à sa place, nanti d'une recommandation et d'une adresse pour retrouver Wiggins.

L'histoire est bien entendu plus simple que dans les épisodes tout en français, mais cependant assez développée pour être intéressante.
Un empoisonnement, Guillaume qui risque d'être accusé, intervention de Sherlock Holmes et du docteur Watson....

Pour cette collection, chaque auteur choisit sa façon d'aider le lecteur à décrypter l'anglais. Mots traduits, explications, personne qui reprend en français etc ... Chacun son style pour qu'on comprenne les mots nouveaux.
Ici, ça m'a paru un peu plus complexe, des phrases parfois compliquées avec des explications dans le désordre.
Mais je ne l'ai pas soumis à de jeunes lecteurs. A voir avec eux.
Aux dernières nouvelles, pas d'enfant autour de moi qui ait voulu se lancer. Mais mes collègues aussi l'ont trouvé pas très facile.

Extraits :

***
- But nobody else is ill, Wiggins objects.
Guillaume réfléchit très vite. Nobody else. Euh... "Personne d'autre" ?


Syros 2017 ; 98 pages
Collection Tip Tongue  "Lire de anglais devient naturel !"
Niveau "Je découvre l'anglais - 6e A1 découverte - dès le CM2 - 6e - 5e"
Résumé Babelio

mercredi 6 décembre 2017

Parés au décollage - Les Aérochats T2 - Donovan Bixley

Je ne sais pas pourquoi je n'arrive pas à ressentir de coup de coeur pour cette série, ni même de plaisir de lecture.
Il y a pourtant de l'humour, de l'action, du suspens, des chats et des chiens, des jeux de mots et des réflexions intéressantes.
Le tome 1 ayant plu à nos lecteurs, nous avons acheté le 2, je pense qu'ils aimeront aussi.
Celui-ci est plus centré sur une seule action : Félix et Sasha partent en Suisse pour essayer de dévoiler le projet secret des CLEBs. Bien entendu, ils y rencontreront des montagnes, de la neige, une belle famille de (Saints) Bernards, des apprentis yodleurs. Mais aussi le Château de Chillon, l'ancêtre du parachute (merci Maître Yocha) et un dirigeable.

Extrait :

Vous nous avez sauvé la vie. Vous êtes un saint, Bernard. Comment pourrons-nous vous remercier ?


Traduit de l'anglais (Nouvelle-Zélande) par Cécile Leclère
Titre original : Flying Furballs, Hot Air (2016)
Editeur : Slalom (Place des éditeurs) 12/10/2017
NOUVEAUTÉ
Résumé Babelio

mardi 5 décembre 2017

Le Noëlosaure - Tom Fletcher

Tendresse, humour, émotion, aventure, fantastique, suspens.
Un superbe texte, avec toute la magie de Noel. Et des illustrations adorables.
Un gros coup de coeur pour moi.

J'avais déjà été bouleversée il y a trois ans par l'admirable La véritable histoire de Noël. J'ai tout autant apprécié celui-ci, bien que très différent.
Décidément les Editions Michel Lafon savent nous enchanter pour Noël.

Dès l'abord, ce livre est un superbe objet : un dos "tout en or", une couverture au texte brillant, avec une délicieuse illustration.
J'ai eu tout de suite envie de le commencer.
Le début m'a paru intéressant, mais pas totalement enthousiasmant. Mais très rapidement, je suis entrée dans l’histoire et j'ai adoré ce texte.
C'est à la fois drôle, émouvant, palpitant.
Il y a de très belles réflexions sur la volonté, les rêves de chacun, l'amitié ...
Très divertissant, c'est aussi un livre marquant.
Je vais volontiers le conseiller car je crois que tout enfant y trouvera du positif.

J'ai aussi apprécié que ce soit un gros livre, mais tout à fait adapté aux plus jeunes.
Il est difficile de proposer de bons livres aux très jeunes lecteurs "dévoreurs".
Lorsqu'un enfant de 8 ou 9 ans aime déjà les livres épais, on a peu de choix de textes qui soient à sa portée, sans sujets ne correspondant pas à son âge.

Les illustrations sont adorables, et donnent tout de suite envie de plonger dans le texte.
Un texte avec de temps en temps des mots écrits plus gros, se promenant dans la page ...
Et un grand bravo au traducteur : entre les mots inventés,  les rimes et autres chansonnettes, il y a presque un vrai travail de réécriture.

J'avais été attirée par Noël, et aussi une histoire de dinosaures (j'ai quelques fans !) mais il y a tellement plus que ça dans ce roman : un petit garçon en fauteuil roulant, quelques méchants et des gentils, une (ou deux ou trois ) histoires de famille, et surtout, le Père Noël, sa tribu, son repaire, et ses rennes volants magnifiquement magiques. La solitude de ceux qui sont différents, la volonté d'en sortir, l'amitié....

Extraits :

... et croire est la magie la plus forte qui soit. Croire est la seule magie qui rende le complètement impossible tout à fait possible, et le totalement infaisable assurément faisable ! 

***

William se coucha [...] mais pas avant d'avoir disposé une tartelette pour les rennes et une carotte pour le Père Noël [...] Je parie que vous vous dites que le Père Noël doit plutôt aimer les tartelettes, et les rennes, les carottes, mais comme le dit chaque année M. Molleroue, avec un air entendu : "C'est l'erreur la plus fréquemment commise, à propos de Noël !"

***
Ce traîneau était encore plus beau que dans les rêves les plus fous de William : il était brillant, étincelifiant et d'un rouge épatifiant ...



Illustré par Shane Devries
Traduit de l'anglais (Grande-Bretagne) par Éric Betsch
Michel Lafon 23/11/2017 NOUVEAUTÉ 14.95 €
16 x 20 cm - 337 pages
Suivi d'un petit dossier ludique
Résumé Babelio




lundi 4 décembre 2017

Poupées en papier à habiller - Avec 4 poupées et plus de 60 tenues

Joli coup de coeur pour mes petits-enfants.
J'avoue, je l'avais demandé parce que je jouais avec de telles poupées de papier quand j'étais petite  ! Et même si bien moins élaboré, j'en gardais un bon souvenir.
Je pensais le proposer aux plus jeunes, mais sitôt déballé, celle âgée de 11 ans, (qui passe déjà des heures avec sa cousine sur les coffrets de mode) a voulu le commencer. Et ils se sont finalement tous bien occupés tout le week-end avec.

Un livret très réussi.
4 poupées en carton fort (sur les couvertures et rabats) assorties d'un support fixé à la poupée, qui leur permet de tenir debout. Prédécoupées et se détachant facilement
Une notice explicative colorée pour monter les poupées et les habiller.
Une soixantaine de pages, chacune comportant une tenue complète (y compris chaussures, et éventuellement chapeau ou coiffure et accessoires) à découper. Avec des languette pour les faire tenir sur les poupées.
Une douzaine de pages de vêtements à colorier, classés cette fois par type : une page de jupes, une de hauts, une d'accessoires etc ...  Laissant ainsi libre cours à l'imagination.

Des heures d'amusement en perspective. Découper, habiller, assortir, désassortir, imaginer de nouvelles tenues.
Pour les plus jeunes, il faudra sans doute un peu d'aide pour le découpage au niveau des languettes, c'est toujours un peu délicat (mais on peut toujours les recoller en cas de découpage intempestif !)

Seul bémol (de ma part, pas des enfants) j’aurais aimé qu'il y ait un garçon parmi les 4 poupées.
Certaines tenues auraient d’ailleurs convenu, mais les personnages sont assez féminins.

Extraits :
Rabats d'abord la languette du talon sur le pied. Plie ensuite celle de la semelle et enfin, celle de la cheville.
Conseil : mets d'abord les chaussures pour empêcher les vêtements de tomber.







La page préférée !









Texte : Fiona Watt
Illustrations  : Elizabeth Savanella
Usborne 2017
Résumé Babelio




dimanche 3 décembre 2017

Les héros de notre enfance - François Rivière

Très gros coup de coeur pour ce livre déjà ancien.
Emprunté avec l'intention de le parcourir, de regarder les illustrations et les bandes dessinées, et me remémorer quelques lectures de jeunesse, j'ai lu finalement tout le texte.
J'y ai appris pas mal de choses, ça m'en a rappelé d'autres oubliées.
J'ai trouvé le texte très intéressant, pas juste une vague présentation de chaque titre, mais un historique, des explications claires. Les dates de début, où et pourquoi, les références et inspirations de l'auteur.
D'une page à l'autre, on retrouve des correspondances, d'autant que certains auteurs se retrouvent plusieurs fois (par exemple Enid Blyton pour Oui-Oui puis Le Club des Cinq).

C'est uniformément positif, l'auteur aime son sujet et ne parle des titres qu'en bien. Mais je n'ai pas trouvé ça désagréable, bien au contraire. il sait faire ressortir le positif de chaque titre choisi, et ça remet en question certaines idées reçues.
Je pense par exemple aux Oui-Oui, dont un de mes petits-fils est fan en ce moment, et que je regardais avec un peu de mépris. Et finalement ....

J'ai eu le plaisir de retrouver la photo la couverture de l’édition d'Alice au Canada qui a été mon premier Alice (je suis toujours sidérée de voir que mes petites-filles, qui ont tant d’excellents livres jeunesse à portée de main, se délectent actuellement des Alice qui me paraissent tellement dépassés !)

J'ai été ravie de découvrir, explicité en six pages, pourquoi j’aime tant les Caroline de Pierre Probst, que je collectionne sans me poser trop de questions (et ce qui m'énerve prodigieusement, c'est quand on la met dans le même sac que Martine, dont elle est l’opposée). Et en quelques dates, j'ai compris pourquoi, sur les Probst que j'ai de mon enfance, il n'y a que ses charmants compagnons, mais pas Caroline.

J'ai un peu regretté pour certains titres de ne voir que la couverture et pas une page de bande dessinée. (Notamment Tintin, où on nous parle du graphisme "de la ligne claire" ; on a bien quelques images, mais séparées, pas une page d'une B.D.)

Le plan ne m'a pas paru évident : pas d’ordre chronologique, un mélange de romans, d'albums et de B.D..
A part la séparation par âge : Héros des petits / des enfants / des grands, je n'ai pas trop compris l'ordre.
Mais ça n'a absolument aucune importance, puisqu’on peut grappiller comme on veut dans ce grand recueil.

Mon seul vrai regret pour ce livre : sa taille et son poids ! Car j'avais vraiment très envie de m'offrir cet album, pour le conserver, le relire et en faire mon livre de chevet !!
Je comprends l'idée de présenter des illustrations en grand format.
Mais outre que je serais obligée de l'exiler sur l'étagère du haut, celle que je n'atteins pas, la seule où il pourrait se faire une place, son poids m'a réellement gênée pour ma lecture. Et d'ailleurs, j'ai mis longtemps à le terminer pour cela. Il est rarissime que je lise assise devant une table. Et dans toute autre position, j'a eu beaucoup de mal à le tenir.
Dommage, il n'existe que dans cette édition, j'aurais vraiment aimé l'avoir chez moi, autant pour retrouver des titres de mon enfance, que pour relire de temps en temps certaines explications, ou en parler avec d'autres lecteurs.
Je vais le rendre à regret à la bibliothèque !

Extraits :

En 1946 commence une collaboration durable avec les éditions Hachette, Pierre Probst associant d'abord son nom à la Bibliothèque Verte avant de participer au lancement des albums Roses destinés aux tout-petits. Pour cette collection, il met en scène une bande de turbulents animaux parlant, les chiots Pipo, Bobi et Youpi, et les chatons Pouf et Noiraud. Quelque temps plus tard - en 1953 pour être précis - surgit sous le pinceau de Probst la silhouette gracieuse d'une fillette aux couettes blondes qu'il a décidé de baptiser Caroline. Cette apparition crée l'événement dans un domaine où, jusque-là, les auteurs français de fiction enfantine, au contraire de leurs confrères anglo-saxons, ne mettaient en scène que des garçons. "Ce qui a tout de suite fait la force de Caroline, c'est qu'elle prenait en main la destinée de sa petite équipe d'animaux, un peu à la manière d'une cheftaine scoute ! Les petites lectrices ont apprécié..." L'ourson Boom, La panthère Pitou et le lionceau Kid complètent ce gang très vertueux qui va dès lors vivre d'incessantes aventures écrites et dessinées par un Pierre Probst très imaginatif.

***
Les auteurs de romans d'aventures, notamment ceux publiés dans la collection "Signe de Piste", destinée en priorité aux émules de lord Baden-Powell, littéralement sous le charme des illustrations de Pierre Joubert pour la saga du prince Eric, durent se sentir menacés par un phénomène venu pour l'essentiel d'outre Quiévrain : la bande-dessinée.
Tout au long des années 30, Hergé avait oeuvré en solitaire, imposant la figure de son petit reporter à la houppe et du chien Milou.
Mais, dès l'après-guerre, les hebdomadaires Tintin et Spirou avaient commencé l'invasion du marché français, relayés par la diffusion d'albums cartonnés ou brochés dont les héros allaient devenir les compagnons indispensables à toute une génération : Blake et Mortimer, Alix, Buck Danny, Gil Jourdan, Michel Vaillant, etc...
La liste est longue de ces personnages écartant sans vergogne de leur chemin les plus modestes, ou plus discrets, amis des enfants de France, Sylvain et Sylvette, Fripounet et Marisette, ou reléguant la pauvre Bécassine au rang de figure de cire pour le musée Grévin...

***
Curieusement, c'est à Chessy, petite commune de Seine-et-Marne, aujourd'hui annexée par le Disneyland européen, que naquit Babar au cours de l'année 1930. Jean et Cécile de Brunhoff y passent leurs vacances en compagnie de leurs deux très jeunes fils, Laurent et Mathieu. En mère attentive à l'éveil de ses fils, Mme de Brunhoff évoque un beau soir, dans un élan d'improvisation, la silhouette pataude et malicieuse de l'éléphanteau Babar. Les enfants en redemandent. Bientôt, leur père, lui aussi captivé, décide de mettre son propre don d'illustrateur au service des aventures de Babar, qu'il habille de vert et coiffe d'un chapeau melon. C'est lui qui créera le personnage de la vieille dame et toute la ribambelle d'amis du héros pachyderme.

***

"Comme de vrai, il faut noter que les jeux des enfants ne sont pas jeux et les faut juger en eux comme leurs plus sérieuses actions", écrivait Montaigne à une époque où l'on était bien loin encore de se pencher de manière clinique sur les mystères du premier âge de l'homme afin d'en démêler la part d'instinct et celle offrant déjà prise aux sortilèges de l'imaginaire.

***

Hélas je n'ajoute pas d'image, pas de scanner assez grand pour reproduire les pages.

Editions du Chêne 2007
25x32cm ; 176 pages ; Cote Dewey 809.9
Résumé Babelio


samedi 2 décembre 2017

Le livre en colère ! Ramadier & Bourgeau

Après Le livre qui dort, notre livre est à présent en colère, il est même rouge de colère !
Avec le même graphisme que le précédent, un court texte de la petite souris sur la page de gauche, une expression toute simple sur celle de droite,  yeux, nez, bouche sur un fond vraiment rouge de colère.

Un très chouette album à lire aux enfants, et joliment susceptible de désamorcer une colère je pense.
Le livre qui dort était plus adapté à une lecture du soir, alors que celui-ci sera bienvenu à n’importe quel moment je pense.
Il devrait beaucoup plaire. 



Extraits :


Approche-toi et demande-lui :
Que se passe-t-il ?
Laisse-moi tranquille !




École des Loisirs
Collection Loulou & Cie - 2016
Tout carton 18 x 24 cm ; 20 pages
Résumé Babelio



vendredi 1 décembre 2017

L'effet Matilda - Ellie Irving

Totalement loufoque ce roman jeunesse, je me suis régalée à le lire.

Au départ, j'ai été attirée par le double sujet  : le côté scientifique, et le côté féministe. Et aussi la couverture qui laisse présager un roman drôle.
La couverture tient toutes ses promesses, (ce que j'apprécie ! Ceux qui me suivent savent que je suis très agacée quand on s'attend à un type de livre, et qu'il s'agit de tout autre chose)
Matilda et sa grand-mère, en train de courir, dans leur périple ahurissant pour parvenir à Stockholm. Entourées en monochrome de plein de symboles relatant les expériences de Matilda, ou les scientifiques dont elle aime parler.
Que l'on retrouve en illustration des début de chapitres.

Le côté "Les femmes ne sont jamais reconnues à leur juste valeur" est fort bien traité. Matilda s'indigne d'abord pour elle-même, sur une injustice flagrante. Puis à cette occasion, découvre que sa grand-mère a été injustement méconnue.
Je regrette juste que l'effet Matilda, qui a donné le titre, ne soit explicité à aucun endroit, même dans le dossier final.
J’ignorais ces termes utilisés pour parler de ce phénomène (attribution des découvertes féminines plutôt aux hommes qui les entourent) et j'ai dû chercher sur Internet pour savoir que c'était une formule utilisée.
Il aurait été intéressant de l'expliquer pour les enfants qui lisent ce roman.

Je pensais que ce roman serait un peu plus "scientifique", mais il y a quand même beaucoup d'allusions et d'explications concernant des découvertes. Et le dossier final en précise bon nombre.

On a donc un roman intéressant sur le fond, mais dans lequel on s’amuse beaucoup et constamment.
Matilda, désireuse de faire éclater au grand jour l'injustice dont a été victime sa grand-mère fort longtemps auparavant l'entraîne, précipitamment vue l'urgence, sans trop se demander comment arriver au but.
D'où un incroyable périple, où il va leur advenir à peu près tout ce qui était possible, ou plutôt impossible. On va trembler pour elles, mais surtout beaucoup rire.

En ces temps de discussions sur le sexe des mots, et particulièrement sur l'usage d'auteure / autrice, j'ai souri volontiers quand Matilda parle d'inventeuse ou inventrice, au choix !

J'ai trouvé intéressant qu'à la fin on trouve quelques expériences à réaliser par les enfants. Je crains cependant, bien qu’elles soient annoncées dans le roman, que beaucoup n’aillent pas jusque là, puisqu'il y a d’abord dix pages d'"inventaire des inventeurs". Et ce serait dommage.

Ah, et il ne faut pas oublier les "infos fascinantes de Matilda Moore" dont elle parsème le roman ,en début de certains chapitres. Et qui nous apprennent toujours quelques chose d’original, et tout à fait en lien avec ce qui se passe dans l'histoire à ce moment-là.

C'est je pense le premier roman de l'auteur traduit en français, et c'est très prometteur.
J'avais rêvé de découvrir ce roman, et j'en remercie Masse Critique Babelio, ainsi que les Éditions Castelmore que j'ai eu grand plaise à découvrir. Je vais de ce pas me pencher sur leur catalogue !

Extraits :

Mais j'aime surprendre les gens. J'adore voir la tête qu'ils font quand je leur dit que je suis inventeuse. Comme si inventer était le domaine exclusif des garçons. Mais c'est faux, et il n'y a d'ailleurs pas de raison pour que le mot n’existe qu'au masculin. Donc : je suis inventeuse, ou inventrice, comme vous préférez.

***

Un type célèbre nommé Thomas Edison a dit un jour : " Pour inventer quelque chose, il faut une bonne imagination et un tas de bazar." C'est lui qui a inventé l'ampoule, donc c'était une lumière. (J'espère que vous ne riez pas juste pour me faire plaisir.)

***

Aussi loin que je me souvienne, j'ai toujours voulu être inventeuse. A quatre ans, j'ai décidé de bricoler notre grille-pain pour que mon hamster puisse y jour plus à son aise. Suite à ça, on n'a plus jamais eu de grille-pain à la maison. Ni de hamster.

Traduit de l'anglais (Grande-Bretagne) par Virginie Paitrault
Titre original : The Matilda Effect 2017)
Illustrations : Romain Ronzeau
Editions Castelmore 16/08/2017 - 316 pages
Résumé Babelio


jeudi 30 novembre 2017

Le livre disparu - Colin Thompson

Un album surprenant, dans un monde de livres.
D'abord, on butine dans les illustrations, des livres, encore des livres, dans un décor extrêmement inventif.
Puis on lit le texte, qui commence comme une histoire d'aventures et se termine plutôt en philosophie.
Et ensuite, on revient aux dessins, encore et encore.
D’abord pour la beauté des mondes inventés, mais aussi (surtout ?) pour s'amuser à décoder les titres de livres imaginés.
Sur une double page notamment, il y a des dizaines de titres détournés
Le roman du homard
Boire ou ne pas boire
Le chat crotté
Ziza dans le métro
Madame Bove a ri
Gros blanc
Le hasard sur le toit
Les musiciens de la fille de Brême ....


Cet album a été, je crois, sur une liste de recommandation de l'E. N. pour la classe de CM1.
Plus jeune, on pourra se régaler des illustrations, mais pour apprécier le texte, il faut bien cet âge-là je pense.
Quant aux titres détournés, c'est très variable vu leur grand nombre. Beaucoup sont tirés de livres adultes pas forcément connus des enfants, mais il y a de tout.
Ils aiment bien le principe bien entendu, même si beaucoup leur échappent.

Extraits :

Il se glissait le long d'étagères contenant des ouvrages ayant visiblement beaucoup servi : histoires de cow-boys, livres en braille étrangement silencieux, plans de cités perdues.






Traduit de l'anglais par Catherine Bonhomme
Titre original : How To Live Forever (1995)
Circonflexe 1997
23 x 30 cm - 32 pages
Résumé Babelio

mercredi 29 novembre 2017

Les disparus du phare - Peter May

Un roman que j'ai du mal à noter !
 J'ai d'abord été très déçue, on est loin de la magie de la trilogie de Lewis, qui m'avait enthousiasmée et qui trois ans après reste parmi mes romans préférés.
J'avais moins apprécié les livres de l'auteur mettant en scène Enzo McLeod, et j'étais contente de retrouver une histoire se passant dans les îles écossaises.

Mais beaucoup de longueurs, surtout dans la première moitié, on a parfois l'impression que l'auteur tire à la ligne ; des descriptions  plus que nécessaire, bien au-delà du plaisir de découvrir les îles ; des détails sur la moindre action des personnages.
Bref, une certaine déception.
La 2e partie par contre, ça devient un vrai polar, assez prenant, avec les éléments déchaînés, et les personnes aussi ! Donc au total, un roman policier moyen.

Mais à côté de ça, une intéressante réflexion sur le rôle des abeilles et leur importance pour notre vie.
Bien entendu, le polar écolo est à la mode, et ça n'a pas ici la force des romans de Catherine Fradier (Cristal Défense) mais c'est  un côté intéressant de ce livre qui hésite entre plusieurs sujets.
Parce que oui, il y a tout de même une énigme qui demeure sur les gardiens du phare des îles Flannan, réellement disparus.
Et dès le début, j'ai surtout été attirée par le thème de l'amnésie, qu'on voit évoluer ici de façon intéressante.
Il y a aussi une belle relation père-fille, avec une adolescente Révoltée et surtout malheureuse.

Bref, beaucoup de pistes, et un roman qui gagne en intensité au fil des pages. Mais difficile d'arriver après la trilogie !

Extraits :

Utiliser de la pellicule voulait aussi dire que l'on prenait moins de photographies, ce qui les rendait d'autant plus précieuses, et c'était agréable de posséder un album avec lequel on pouvait s'asseoir et que l'on posait sur ses genoux pour le feuilleter. Des images que l'on pouvait toucher, presque comme si on touchait les gens eux-mêmes, une connexion directe avec un passé plus heureux.
***
Le bruit court qu'Einstein aurait dit que si les abeilles disparaissaient, la race humaine s'éteindrait en quatre ans. C'est une citation apocryphe, bien sûr, mais pas très éloignée de la réalité.
***
S'il y a une espèce de dessein intelligent qui régit le monde, Karen, alors les abeilles sont la clé de la survie de l'humanité. Et quand bien même ce ne serait qu'un processus aléatoire lié à l'évolution, nous ne pouvons nous passer d'elles.
***
Avec une moyenne d'un crime par siècle sur les îles, on considérait que les enquêteurs de Stornoway n'avaient pas l'expérience requise.
***
Sans l’abeille, il n’existe aucun moyen d’alimenter la population humaine et animale de la planète. Les gens souffriraient de malnutrition, d’une augmentation des maladies. Il y aurait une famine massive. Ceux qui survivraient devraient se contenter d’un régime extrêmement réduit et coûteux. Il faudrait employer des ouvriers à grande échelle pour polliniser les plantes à la main. Tu imagines ? Ils ont déjà commencé en Chine. Au bout du compte, seuls les plus riches pourraient se nourrir convenablement.
***
Parfois, quand on le revisite, le passé n'est pas à la hauteur de nos souvenirs.
***
Je ne serais trouver les mots pour décrire le sentiment de déconnexion que peut provoquer le fait de se voir sans se reconnaître.
***
On dit que chacun de nous n'est que la somme de ses souvenirs. Ce sont eux qui font de nous ce que nous sommes. Efface-les, et il ne te reste que du vide. Comme un ordinateur sans logiciel.

Traduit de l'anglais par Jean-René Dastugue
Titre original : Coffin Road 2016
Editions A vue d'oeil 16/17 (Grands caractères) 2016
Résumé Babelio