lundi 23 octobre 2017

La fabrique des mots - Erik Orsenna


J'ai déjà croisé Jeanne dans "La grammaire est une chanson douce" il y a plus de quinze ans, et je n'ai pas lu les autres livres de la série.
Ce n'est pas gênant pour retrouver ici Jeanne, sa classe et sa maîtresse, (et Henri Salvador aussi) aux prises avec un dictateur qui veut supprimer les mots, parce que les mots sont dangereux. Et que parler empêche de travailler (de l'avis du dictateur)

J'ai été amusée de voir ici la Carte du Tendre, donc je n'avais guère entendu parler depuis mes (très lointains) cours de français du lycée !
Et j'ai aimé retrouver Monsieur Henri, et ses mots si tendres.
Côté Illustrations, je ne suis pas fan des dessins, visuellement, mais par contre, ils sont très "parlants" détaillés, correspondant bien à l'histoire.

Un conte, une fable ? mais un joli petit roman facile à lire et tellement intéressant sur les mots, leur utilité, leur origine, les langues ...
Pour tous, jeunes et adultes.
J'ai trouvé ça passionnant, et je me demande juste à partir de quel âge ça peut intéresser les enfants.

Extraits : 

toujours courant après ce satané programme, notre ennemi, celui qu'il fallait achever avant mi-juin (comme on dit "achever un blessé d'une balle dans la tête").

***
- Alors, vous comprenez ce qu'est notre langue, je dirais plutôt qui est notre langue ? Un être vivant, qui vient de très avant dans le passé et qui d'année en année s'enrichit d'innombrables cadeaux venus des autres langues. 
***

 - Vous croyez que l'amour existerait sans mots d'amour ? 
- Je ne sais pas. Je ne crois pas. D'ailleurs, quand on ne se parle plus, c'est que l'amour est mort.

***

Le plus étrange, c'est que le mot Mot, si je puis dire, vient du latin - muttum - dont on a tiré Mutisme, l'absence de parole". Drôle de destin pour le mot Mot, qui sert à parler...







Série : La balade d'Erik Orsenna au pays de la grammaire française.
Illustrations : Camille Chevrillon
Stock 2013
Résumé Babelio

dimanche 22 octobre 2017

Jeux de familles - Françoise Bourdin (Recueil)

Un très beau recueil, et une écriture vraiment addictive.
Dès que j'ai eu le livre en mains, il m'a plu et je l'ai commencé tout de suite.
Une couverture souple, avec rabats, une illustration attrayante.
Plus de mille pages, mais un livre assez léger pour le prendre en main, des pages très fines et néanmoins agréables. De même c'est dense mais très lisible, une bien belle édition.
J'avais déjà lu Françoise Bourdin, mais jamais dans la collection Omnibus où ont déjà paru cinq anthologies avant celle-ci.

Une préface de l'auteur qui parle de façon intéressante de son travail d'écriture,  de ses recherches de documentations, et du mal qu’elle a à quitter ses personnages.
Je regrette d’avoir raté l'occasion proposée par Babelio de la rencontrer, J'aurais beaucoup aimé l'écouter parler de sa façon d'écrire.

Un livre à déguster tranquillement, cinq histoires de familles, quatre lieux qui donnent envie de les découvrir ou d'y retourner, des personnages forts, auxquels on s'attache.
 Il est probablement dommage de lire d'affilée tous ces romans.
J'avais l'intention d'intercaler entre chacun un autre livre, roman jeunesse ou autre bien différent, mais j'ai eu du mal à résister à continuer à découvrir ces familles insolites ou ordinaires.
Je les ai lu sans presque reprendre mon souffle, ne pouvant m'empêcher de me replonger dans le suivant chaque fois que j'en terminais un.
Ce ne sont pas des romans extrêmement marquants, mais la lecture en est vraiment addictive.

Je remercie les Éditions Omnibus, Babelio et Masse Critique, pour cette agréable lecture.

Je sépare le commentaire de chaque roman, pour plus de lisibilité. (Liens directs ci-dessous)

1. Un été de canicule
2. Un soupçon d'interdit
3. La promesse de l'océan
4. D'eau et de feu
5. A feu et à sang


Editeur : Omnibus (5/09/2017) NOUVEAUTÉ
1 167 pages
Résumé Babelio







Un été de canicule - Françoise Bourdin

Un roman difficile à lâcher.
Du suspens, des secrets de famille, des personnages forts.
On s'attache aux Soubeyrand, à leurs problèmes qu'on découvre peu à peu.
La chronique estivale d'une famille, qui commence bien, par un charmant mariage, mais très vite, les ennuis vont s'enchaîner, d'un accident à un cadavre qui réapparaît, d'une rivalité entre frères à des révélations difficiles à sortir.
Le village de Cucuron et la région environnante, Luberon, Pays d'Aigues sont partie intégrante de l'histoire, sans cependant tenir une place très importante.
J'ai été un peu étonnée, que ces gens-là boivent autant de champagne pour des gens du midi !! Il y a tellement d'autres boissons à partager pour les grandes occasions, je ne connais personne en Provence qui boive surtout du champagne !!! (Mais je ne connais pas ces Soubeyrand là j’avoue,  !!!)

Pour une fois, j'avais deviné le coupable avant la fin, ce qui m'arrive rarement mais ça ne m'a pas empêchée de lire ce roman sans le lâcher, le suspens est important et prenant.

Extrait :

[le kiné] : "Dans les histoires neurologiques, tout est possible, vu que personne ne sait rien."


Recueil : Jeux de familles 1 
(219 pages)

Résumé Babelio

Un soupçon d'interdit - Françoise Bourdin

Ici, ce n'est plus le côté polar du roman précédent, mais une chronique familiale. Avec bien entendu des secrets de famille, des non-dits, que l'on va découvrir peu à peu.

Comme pour le premier, nous sommes dans le sud de la France, mais à Montpellier et alentours cette fois. Et si on retrouve la canicule, le roman se passe en partie à la mauvaise saison.

Encore plus dans celui-ci, on a une grande famille qui vit dans la maison de famille, y compris la jeune veuve d'un des frères. Même si certains ont un appartement ou un travail en ville, la maison est vraiment le point central, chacun s'y retrouve avec plaisir. De grandes tablées autour du couple de parents.
En fait, une famille un peu spéciale, puisque la plupart des membres habitent la propriété de famille. Qui, assez grande, permet à chacun d'avoir son espace, de vie ou de travail.
C'est chaleureux, même si depuis la mort assez inexpliquée du jeune fils, le père n'est plus le même, et ne supporte plus que quelques rares personnes.

Le démarrage est un peu lent, mais j'ai apprécié que les personnages, nombreux, soit bien présentés au fil des jours, leur caractère, leurs activités.

Une simple et agréable chronique de la vie de la famille, qui se suffirait presque à elle même, mais dont on se doute que quelque chose va basculer.

Et puis une fois encore, je me suis laissée prendre par cette ambiance familiale, et je n'ai plus réussi à lâcher le roman. C'est curieux comme même sur un roman qui n'est pas à suspens, l'écriture prenante de Françoise Bourdin nous plonge dans l’histoire.
Au point que j'ai été fort choquée que les enfants interviennent soudain de façon aussi autoritaire auprès du couple de leurs parents.
Parce qu’ils sont habitués à vivre tous ensemble, et à résoudre ensemble les problèmes, ils se mêlent de ce qui devrait ne concerner que les parents, et prennent des décisions surprenantes.
J'ai été très surprise de ce tournant de l’histoire.
Mais j'ai quitté à regret la tribu Bréchignac.


Extraits :

P. 233
Si elle n'avait pas eu une si grande famille, peut-être se serait-elle comportée en mère abusive à force d'amour et d'attentions, mais ils étaient décidément trop nombreux.

***

P. 263
Moi, je déteste la mécanique.
- Elle te le rend bien, on dirait.

***

P. 303
Je crois que tu es fou, comme tous les psychiatres.

Recueil : Jeux de familles 2 
(245 pages)

La promesse de l'océan - Françoise Bourdin

Changement complet de cap avec ce 3e roman : nous quittons le Midi pour la Bretagne.
Et pas de famille "grand format" comme dans les précédents.
La famille se réduit même à sa plus simple expression : Mahé vit seule avec son père, sa copine est seule, et Jean-Marie aussi, pareil pour le dentiste. Et même Rozenn, juste avec son fils.
Tout à fait différent des autres romans où tous se retrouvaient dans des maisons de famille.

Comme toujours peu d’enfants, avec un rôle très minime, même si ici on s'attache à ce pauvre Arthur.

J'ai beaucoup aimé retrouver la Bretagne, et notamment Erquy. Mais ce roman-ci ne sera pas mon préféré : assez "je t'aime, moi non plus" il ne se passe pas énormément de choses.
Et pourtant, là encore, pas moyen de le lâcher, je l'ai lu d'un trait.

Extraits :

p. 503
Comme il ne s'aimait pas - en tout cas il n'aimait pas l'homme qu'il était devenu - il ne parvenait plus à aimer quiconque.

 ***

p. 670
N'essaye pas de le changer, plaida Mahé. Souviens-toi que tu en es tombée amoureuse tel qu'il est.

Recueil : Jeux de familles 3
(212 pages)
Résumé Babelio

D'eau et de feu - Françoise Bourdin

Nouveau changement de lieu pour ce quatrième roman du recueil.
Nous arrivons en Ecosse, ce qui ne pouvait que m'attirer immédiatement.
L'Écosse profonde et "typique", celle des distilleries, des moutons, des beaux paysages. Que va parcourir Kate, qui arrive de Paris,  et elle compare ses deux lieux de vie, d'abord critique pour l'Ecosse, où on l'a déracinée, mais elle se met vite à l'aimer !
Avant qu'on ne découvre aussi les villes, Édimbourg et Glasgow.

Alors que je venais de constater avec le précédent que les enfants ont des rôles peu importants dans les romans de Françoise Bourdin, ici dès l'incipit on se place du point de vue de Kate, fillette de 13 ans. Mais ce n'est surprenant qu'au premier abord, car très vite, Kate grandit et c'est bien d'une histoire d'amour qu'il va s'agir.

Le titre me parait un peu surprenant une fois terminé le roman.
Le fond de l’histoire est assez prévisible et attendu. Il m'a fait penser au deuxième roman par son côté amour pas autorisé quoique pas interdit ... Mais comme les précédents, l'écriture m'a emportée, et avec les paysages et la vie écossaise en plus, je ne l'ai pas lâché.

Nous retrouvons ici de nouveau une famille nombreuse qui se retrouve sous un même toit, dans une superbe propriété, mais il s'agit cette fois d'une famille recomposée, ce qui change pas mal l'ambiance.

J'ai forcément tendance à comparer chaque roman les ayant lu à la suite. Mais chacun pris séparément est très agréable à lire.

Ici, et d’autant plus que l'histoire se continue dans le roman suivant, je me suis attachée aux personnages autant qu'aux lieux, et ma lecture terminée depuis quelque temps, j'y pense encore. Ce qui est toujours bon signe, surtout vu comme j'enchaîne mes lectures !

Extraits :

p. 710
[Glasgow] Ce n'est plus la ville industrielle d'il y a quarante ans, c'est devenu trépidant, branché, on dit même qu'il s'y trouve la meilleure scène musicale de Grande-Bretagne.

***

p. 723
Mon père n'est pas un homme très ... moderne.
[...]
mes copains sont les bienvenus, sauf qu'il les met mal à l'aise en les bombardant de questions sur  leur avenir professionnel, leurs idées politiques et leur opinion à propos de l'indépendance de l'Ecosse !

***

p. 765
Son père, inquiet pour l'avenir, n'avait pas voulu anticiper, surtout qu'une fois mis en bouteilles le whisky ne vieillit plus, contrairement au vin,  et que le stocker ne lui donne donc aucune valeur supplémentaire.

Recueil : Jeux de familles 4
(239 pages)
Résumé Babelio




A feu et à sang - Françoise Bourdin

Après quatre romans très différents, j'ai eu la surprise, en commençant le dernier, de découvrir qu'il s'agissait de la suite de "D'eau et de feu".

Dix ans après le début du précédent, et quelques années après la fin, des jumeaux sont nés chez Kate et Scott qui filent toujours le parfait amour. Mais la famille encore une fois va s'en mêler.

J'ai beaucoup aimé retrouver l'Ecosse, la famille Gillespie et leurs amis. Un vrai plaisir de faire encore un bout de chemin avec eux.
Ce roman est assez différent des précédents, il ne s'agit plus tellement d’histoire d'amour, même si on en croise quelques-unes au passage, mais il est surtout question de manipulation, d'héritage, et aussi de jalousie.

John, le fils aîné d'Amélie, qu'on a connu lâche, incurablement paresseux voire méchant et presque bête, s'avère en vieillissant manipulateur à l'extrême, semblant s'inquiéter pour sa mère alors qu'il ne s'intéresse qu'à lui-même. Il est quasiment le pivot de ce roman, se débrouillant même finalement dans sa haine de Scott d'agir contre ses propres intérêts.

Je regrette le titre, comme le précédent, qui me parait un peu excessif et ne pas correspondre à l'ambiance du roman.
Mais j'ai bien aimé finalement ce roman, comme les précédents, voire plus. Même s'il ne s'agit pas de sujets très importants, c'est bien agréable à lire et ça fait passer de bons moments.

Extrait :

Monté le dernier, David avait pensé à vider le verre de lait destiné au Père Noël, ainsi que le plat de carottes prévu pour les rennes. Deux offrandes déposées par les enfants au pied du sapin, selon la coutume écossaise.

Recueil : Jeux de familles 5
(231 pages)
Résumé Babelio

samedi 21 octobre 2017

Cinq, six bonheurs - Mathis

Encore un très chouette "Petite Poche". Celui-ci, je pensais l'avoir découvert il y a juste quelques temps, et en fait, ça fait déjà douze ans ! Mais il est si intéressant que je ne l'avais pas du tout oublié, malgré ses 45 pages !

Théophile a une rédaction à faire, Théophile aime bien se débarrasser de ses devoirs le plus vite possible pour profiter de ses vacances.
Oui, mais il a beau chercher, qu'est-ce que le bonheur ?, aucune idée ne lui vient.
Il va donc poser la question aux divers membres de sa famille, les réponses vont-elles pouvoir l'aider ?
A la fois très drôle, et une jolie réflexion sur un beau sujet.  De quoi plaire à chaque lecteur.

Extraits :

Incipit
J'étais au CM2, c'était la fin du premier trimestre et l'instituteur eut l'idée sournoise de nous donner un devoir de vacances : une rédaction dont le sujet était le bonheur. Cette désolante nouvelle fit soupirer la moitié de la classe et râler l'autre moitié.
- Maître ! Maître ! a dit Fabien. Le bonheur, c'est de ne pas avoir de devoir à faire pendant les vacances !

***

Ta maman est une spécialiste du bonheur !
J'étais sauvé.
- Le bonheur, reprit ma mère, serait que tu m'épluches ces pommes et que tu les coupes en tranches assez minces...


Auteur : Jean-Marc Mathis
Editions Thierry Magnier 2004
Collection Petit Poche 45 pages
Résumé Babelio


vendredi 20 octobre 2017

Clin Tiswoud Journal d'un menteur professionnel - Estelle Billon Spagnol

C'est drôle, sympathique, Chico est plutôt attachant, mais ça ne sera pas mon Pépix préféré.

J'ai regretté le changement total dans la deuxième partie de l'histoire. On attend avec impatience de savoir comment Chico va se sortir de ses mensonges (ou pas) et peut-être que l'autrice n'a pas trouvé elle non plus, et du coup, on élude tout ça pour passer à autre chose ! Enfin, c'est un peu comme ça que je l'ai vu !
J'ai trouvé cette famille assez désagréable. la mère notamment, même si on comprend qu'elle soit dépassée avec 4 enfants dont des triplées. Mais ne jamais poser la moindre question à son fils pour comprendre pourquoi il refuse avec tant d'énergie de fêter son anniversaire, et s’obstiner à lui dire, c'est comme ça et pas autrement, on le fêtera et tu mettras ton costume de pirate (il a 10 ans !)
Ce côté aurait été à creuser plus je trouve.
Plusieurs sujets sont abordés, et aucun mené au bout.

A part ça je pense que les enfants y verront un livre drôle et remuant.
Moi, j'avoue que c'est le titre qui m'avait séduite !!

Ma petite-fille de 11 ans l'a lu (d'elle -même, pas moi qui lui ai demandé pour une fois !) et n'a pas paru emballée.

Après le succès de Pépix tels que les Ogres, ou les Gurty, celui-ci nous laisse un peu sur notre faim. Mais je crois que je mets la barre un peu haut en ce moment, ayant lu d’excellents romans. Celui-ci devrait quand même plaire.

Extraits :

Je pourrais envoyer des mails, mais Maman est tellement une angoissée de la technologie que j'ai à peine le droit de m'approcher d'un ordinateur (et seulement quand il est éteint ET débranché.)

***




Illustré par Alice A. Morentorn
Editeur : Sarbacane 2016
Collection : Pépix 209 pages
Résumé Babelio


jeudi 19 octobre 2017

Nuage : Le Don de la nature (B.D.)

Une très belle B.D. par son thème, par ses illustrations, et même par son papier, épais, un  peu gaufré, un régal sous les doigts. Des couleurs toutes rousses, toutes douces.

Nuage naît blanche, d'une famille noire, dans un village africain. A cause de cela, elle est chassée du village avec sa mère, moquée par (presque) tous, et doit se tenir à l'écart.
Mais Nuage a un don, elle peut parler avec les animaux.
ce qui va même lui permettre de sauver le village.

J'ai beaucoup aimé les dessins, l'histoire, c'est superbe.
Une belle présentation de la vie en Afrique aussi, avec par exemple la virée en taxi.
J'ai cependant regretté une fin en demi-teinte, puisque si la vie semble s'améliorer un peu pour Nuage, les moqueries n'ont pas changé.
Et surtout, cette B.D. m'a paru un peu difficile pour le public d'enfants qu’elle semble viser. Certains dessins, certaines situations pas très explicites ? (ou est-ce juste un problème de classement en bibliothèque, où on doit tout catégoriser ?) J'ai remarqué que mes petites-filles (9 et 11 ans) qui passent des heures entières dans le rayon de BD enfants, n'ont jamais eu envie de lire celle-ci, à la couverture qui nous plaît tellement à nous adultes.

Extraits :

[Les garçons qui lancent des cailloux à Nuage]
- Ça suffit maintenant ! Tu vas trop loin !
- Qu'est-ce qui te prend ? On ne faisait que s'amusait un peu ! Ce n'est pas de notre faute si cette fille  a la peau si pâle !
- Ce n'est pas de sa faute à elle non plus !

***

- Qu’est-ce qui vous fait rire encore ?
- Toi, tu es une curieuse petite fille ! Ta peau est blanche et tes cheveux sont roux… Pourtant ta mère est noire…
- Ma peau n’est pas toujours blanche… En fait, elle prend une teinte joliment cramoisie quand je suis sur le point d’exploser !

***





Auteur Illustrateur  : Christian Peultier
Éditions Milan Jeunesse 2010
Résumé Babelio


mercredi 18 octobre 2017

L'iconographe

Un objet extrêmement surprenant : une couverture cartonnée très épaisse, 3 mm de carton qui apparaît brut sur la tranche, très "carrée", une première de couv' rouge vert et blanche, le titre en énorme.

Le contenu est lui aussi atypique, et très intéressant.
Un livre qui nous amène vers plein d'autres livres.
C'est ce thème qui m'avait attirée et m'a donné envie de le découvrir.
50 illustrateurs, chacun présentant le livre qu'il aurait rêvé d’illustrer.
Donc 50 livres, comme une sorte de bibliothèque idéale.
Sur chaque double page, à droite la couverture imaginée par l'illustrateur.
A gauche une petite présentation de cet illustrateur, et un texte où il explique ses liens avec ce livre, pourquoi il l’aime et pourquoi il aurait aimé lui dessiner une couverture.
C'est passionnant, ça fait voir ces livres sous un autre aspect, et bien entendu, ça donne une terrible envie de les (re)découvrir.
Il y a des textes très connus, d'autres beaucoup moins (me semble-t-il)
Des livres que je connaissais, que j'ai lu il y a très longtemps, comme Les Mémoires d'une jeune fille rangée, de Simone de Beauvoir et que j'ai envie de relire du coup, ou que j'ai découvert il y a peu, comme Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur. D'autres (beaucoup !) que je compte bien découvrir !
Un très beau document  qui ne se lit pas d'un trait, mais se picore, on s'en délecte, on y revient, une page, puis une autre.
D'ailleurs, j'ai beaucoup de mal à choisir quelques extraits, je voudrais tous les montrer.

PS : je précise que bien entendu, ces illustrateurs sont souvent des illustratrices. mais je déteste l’écriture inclusive (pas sur le principe, mais sur sa lecture, que je trouve très pénible) et donc, je respecte la règle française encore en vigueur que je sache depuis mes lointaines études, à savoir que le neutre s'écrit comme le masculin (et ça ne me gêne en rien coté opinions féministes !!)

Je remercie les Éditions de la Table Ronde, que je connaissais trop peu, pour cette belle découverte.

Extraits :

Beax
L'Écume des jours    Boris Vian
Dès les premières notes de son roman, Boris Vian nous emporte dans une autre réalité. Celle de l'allégorie, du jeu de mots, de la poésie et de l’imaginaire. Une littérature libérée, romantique et cruelle.

***







Auteurs / illustrateurs : Collectif
Préface : Jean-Christophe Napias
Éditeur : La Table Ronde 19 octobre 2017 NOUVEAUTÉ
Format : 19 x 27 x 1,7 cm ; 106 pages
Avec un double index, par illustrateurs, et par auteurs des livres cités
Résumé Babelio





mardi 17 octobre 2017

Bravo ! - Ole Könnecke

Tous les numéros de cirque détaillés, des dessins simples, et une petite histoire en randonnée, avec deux petits spectateurs très intéressés.
Pas mal d'humour sur certains numéros (les lions !)
Et une jolie chute inattendue.
Pour les enfants fans de cirque, et les autres aussi.

Extraits :

Voici le dompteur de lions.
Il va faire sauter le lion à travers un cerceau enflammé.
Mais le lion n'a pas envie.
Tant pis, le dompteur saute à sa place.



Traduit de l'allemand par Florence Seyvos
Titre original : Bravo ! Bravo !
Ecole des Loisirs 2017
Abonnement Minimax 2016-17
17 x 20 cm
Résumé Babelio

lundi 16 octobre 2017

La dernière fugitive - Tracy Chevalier

Gros coup de coeur !
Après un avis en demi-teinte sur La jeune fille à la perle (il faut toujours que je me fasse remarquer !!) j'avais beaucoup apprécié L'Innocence. J'espérais donc ne pas être déçue par celui-ci, et bien au contraire, je l'ai encore plus aimé.

Dès le début, je me suis attachée à Honor, jeune Quaker quittant son petit coin d'Angleterre pour le Nouveau-Monde.
La découverte à la fois de l'Amérique du milieu du 19e, siècle, et des quakers dont je ne savais pas grand chose finalement.
L'importance des quilts dans leur vie est assez surprenante. On ne se déplace pas sans ces édredons plutôt encombrants, les amies en confectionnent en guise de souvenir, un mariage ne peut se concevoir sans en avoir un nombre conséquent.

Mais au-delà des difficultés familiales et d'intégration qui attendent Honor, elle va surtout se trouver confrontée à la question de l'esclavage.
En tant que quaker, elle ne peut l'admettre, et en tant que femme de coeur, elle se doit d'agir. Sauf que ... un quaker ne ment jamais, et comment concilier ces exigences, quand des hommes cherchent à piéger les esclaves enfuis, et s'adressent à elle pour les trouver.
Un roman passionnant, quelques figures de femmes qu'on n’oubliera pas de sitôt.

Merci pour ce beau cadeau !

Extraits :

La plupart des maisons ici sont en bois. C'est seulement quand une famille s'est bien établie et ne risque plus guère de repartir qu'elle construit une maison en briques.
[...]
Honor ne se voyait pas vivre dans une maison en bois, qui brûlait à toute vitesse, gauchissait pour un rien, émettait des grincements, mais ne procurait aucun sentiment de permanence, contrairement à la brique ou la pierre.

***

Mme Reed pouffa. "Vous êtes abolitionniste ? Y a beaucoup de quakers qui le sont." Elle balaya du regard la boutique déserte, et sembla prendre une décision. "Les abolitionnistes ont plein de théories, mais moi je vis avec des réalités. Pourquoi je voudrais aller en Afrique ? Je suis née en Virginie. Pareil pour mes parents, mes grands-parents et leurs parents. Je suis américaine. Je ne raffole pas de l'idée qu'on nous expédie tous dans un pays que, pour la plupart, on connaît même pas. Si les Blancs espèrent juste se débarrasser de nous, nous flanquer sur des bateaux pour pouvoir être bien tranquilles, eh ben, moi je suis ici. C'est mon pays, et j'irai nulle part."

***

Je crois qu'au fond d'eux-mêmes la plupart des gens du Sud ont toujours su que l'esclavage était une faute, mais ils ont accumulé des couches et des couches d'arguments pour justifier cette pratique.



Traduit de l'américain par Anouk Neuhoff
Titre original : The Last Runaway
Edition Quai Voltaire 2013
Collection Folio - 394 pages
Résumé Babelio

dimanche 15 octobre 2017

Elmer, Rose et Super El - David McKee


Elmer, tout le monde l'aime non ?
Deux de mes petits-enfants (5 et 8 ans) en sont fans, donc dès que j'en vois un à la bibliothèque, je n'hésite pas à l’emprunter, sans regarder le sujet.
Et je suis rarement déçue.
Sans être extraordinaire, c'est agréable à lire, inventif, coloré (forcément) avec en général une bonne morale (mais légère).

Dans cet opus, nous découvrons une nouvelle tribu d'éléphants ... roses (non, non, je n'ai rien bu de spécial à midi !). Et surtout nous rencontrons super El.
Je ne suis pas familière des super héros, qui me semblent revenir en force en ce moment, mais ce super El a tout ce qu'il faut, le costume,  la cape, la faculté de voler, et la gentillesse et l'aide aux autres !
Il va aider Aïeul, le vieil éléphant qui fête aujourd’hui son anniversaire.
Et on  apprend aussi que trop d'enthousiasme en coeur peut mettre en danger !

Un sympathique album d'Elmer de plus !

Extraits :

"Joyeux anniversaire, DEUX."
FRAPPEMENT DE PIEDS !
"Joyeux anniversaire, TROIS."
Les éléphants avaient l'intention de compter ainsi jusqu'à cent, en criant et en tapant des pieds.
[...]
Mais les piétinements du troupeau d'éléphants avaient vraiment tout du tremblement de terre : le sol s'ouvrit et la falaise se fendit.




Traduit de l'anglais par Élisabeth Duval
Titre original : Elmer, Rose and Super El
Kaléidoscope 2013
20 x 23 Non paginé
Résumé Babelio



samedi 14 octobre 2017

Léna et la vraie vie - Yaël Hassan

Un très beau texte de Yaël Hassan, qui nous emmène toujours là où on ne l’attend pas !
Ici, dans l'internat d'un lycée, pensionnat banal, où la jeune Léna, timide et réservée, va hélas se retrouver face à une compagne de chambre manipulatrice à l'extrême.
Des moments bien difficiles à vivre pour cette ado qui a fait le choix du pensionnat elle-même, se sentant délaissée par ses parents, mais qui préfère la compagnie d'un bon livre à celle d'autres personnes.
Heureusement, de belles amitiés, un début d'amour, et le théâtre, vont l'aider à se construire, à s'affirmer, et à venir à bout de situations pénibles.

Un court et beau roman qui sent  le vécu !
Et qui nous donne envie de (re)découvrir Antigone.

Extraits :

Attention ! Vous portez une accusation bien grave contre une de nos élèves dont la famille est une généreuse donatrice. Je ne veux pas d’histoires.

***

- Sache que l'esprit de vengeance est bien plus nuisible que la vengeance elle-même. La haine n'est jamais bonne conseillère. Elle bouffe, elle mine et n'atteint que celui qui la porte ! Soit grande et bonne et magnanime, Léna !

Editions Seuil 2009
Collection Karactère(s) 108 pages
Résumé Babelio

vendredi 13 octobre 2017

Félin pour l'autre - Garfield (tome 58) Jim Davis


Je ne suis pas une habituée de Garfield, mais mes petites-filles en sont fans, et j'ai donc profité pour lire cette B.D. et m'en faire une idée plus précise.

Il y a ici des histoires en une seule bande, d'autres qui font toute une page, mais elles sont bien repérées (titre Garfield en gros)
Une partie des gags porte sur Noël. Il y a aussi pas mal de sujets autour du Sudoku, et ils sont bien amusants.

Comme la plupart des B.D. constituées de courtes histoires ou de gags très courts, il vaudrait mieux les lire à petites doses, dans les magazines par exemple. Mais quand on tient la B.D., difficile de s'arrêter, on passe toujours à la suite, c'est tellement court !



Extraits :

- Garfield !
- Garfield !
- Tu n'as pas entendu que je t'appelais ?
- Je pensais que tu criais mon nom par pur plaisir.





Dargaud  2014
Résumé Babelio





jeudi 12 octobre 2017

C'est quoi ... un microbe ? Avec des rabats à soulever


Un très mignon petit album, avec plein plein de rabats à soulever, et la réponse à beaucoup de questions importantes.
Un sujet intéressant en ce début de mauvaise saison.
Un petit format pratique pour les plus jeunes, qui apprécient les très nombreux rabats à ouvrir. Mais le sujet et les explications sont appréciables et utiles même pour les plus grands.

Chaque double page commence par une question :
- Les médicaments aident ils ?
- Comment se propagent-ils ?
...
avec quelques explications, d'abord sur la page, puis plus détaillées une fois chaque rabat ouvert.

Les illustrations sont extrêmement mignonnes, et pleines d'humour (bon, les microbes sont tellement sympathiques qu'on se demande si on a vraiment envie de s'en débarrasser mais pas grave !)

Quelques termes m'ont paru un peu difficiles selon le public, sachant qu'un album à rabats intéresse beaucoup les plus jeunes.
Je l’ai lu à mon petits-fils de 5 ans et demi, il ignorait par exemple "prolifère" ou la définition du microbe "organisme vivant microscopique", mais bonne occasion de lui expliquer les mots.
Par contre, ce sera peut-être un peu complexe pour un jeune lecteur débutant qui le lira seul. (mais je pense que ce n'est pas le but de cette collection).

J'ai beaucoup aimé qu'on explique que les bactéries peuvent être utiles, ou que les antibiotiques ne servent pas dans tous les cas.

Un bon document sur le sujet, que je vais aussi donner à lire à mes plus grands.

Extraits :

Comment les ARRÊTER ?
Lave-toi les mains
... avec du savon et de l'eau
- Après être allé aux toilettes
- Avant de manger ou de cuisiner
- Après avoir éternué ou toussé
- Après avoir touché un animal ou ramassé une crotte.







Format 17 x 20 Tout carton, coins arrondis
Texte  : Katie Daynes
Illustrations : Marta Alvarez Miguéns
Maquette  : Suzie Harrison
Traduction : Véronique Duran
Éditeur : Usborne 14/09/2017 (NOUVEAUTÉ)
Collection : C'est quoi ... ?
Résumé Babelio

mercredi 11 octobre 2017

Le chat qui jetait des peaux de banane (T 27) - Lilian Jackson Braun


Il me semble qu'au fil des tomes, c'est de moins en moins policier, et de plus en plus une chronique de la vie dans le comté de Moose. Assez peu de suspens ici, si l’on connait la série, on se doute assez vite de ce qui va se passer. Et de restau en petits bouffes, j'ai parfois pensé au Clan des Sept qui passent leur temps à manger !!

Mais j'ai toujours du plaisir à lire cette série, j'ai peu à peu l’impression de faire partie de cette petite communauté, et j'aime les retrouver. Dans un volume où il est encore question de théâtre. (Et d'intempéries, mais c'est bien normal quand on est à 600 km au nord de partout !)
Si vous n'avez jamais lu cette série, je pense que vous risquez d'être un peu déçu : de nombreux personnages qu'il est difficile de distinguer si on ne les pratique pas depuis de nombreuses pages. Un roman où le côté policier n’apparaît que vers la fin. (et une fin qui nous laisse un peu sur notre faim !!)
Mais si comme moi vous avez l'impression d'être un citoyen de Pickax, vous retrouverez avec plaisir tous vos amis, et les chats bien entendu.
Sans oublier que dans cet opus, on assiste à un événement important et attendu :  l'ouverture, enfin, d'une librairie, qui sera tenue par Polly, elle abandonne pour cela la direction de la bibliothèque.
Et dans cette librairie, un "bibliochat" très conscient de son importance !

J'ai dans cet opus découvert le mot Limerick, que j'ignorais totalement.
(Définition, au cas où je ne serais pas là seule !):
Poème burlesque composé de cinq vers, en littérature britannique.

Un grand merci à Rose Marie qui a bien alimenté mon début de collection de tous ces chats !

Extraits :

un gros plan montrait le paillasson de la nouvelle librairie avec la sévère directive :
NE LAISSEZ PAS SORTIR LE CHAT !

***
Il avait entendu dire que cette maison était historique, unique, impressionnante, originale ou juste GRANDE. Personne ne lui avait dit qu'elle était belle ou même simplement plaisante. Maintenant, il  comprenait pourquoi. La célèbre maison Hibbard était affreuse.
Avec diplomatie, il déclara :
- Je ne suis pas vraiment un expert en styles architecturaux. Savez-vous duquel elle relève ? 


Traduit de l'anglais par Marie-Louise Navarro
Titre original : The Cat Who Went Bananas (2004)

Editions de la Loupe 2006
Collection Détective - 296 pages

Edition 10/18 - 2005
Collection Grands détectives n° 3837 - 222 pages


Résumé Babelio


mardi 10 octobre 2017

La saga des petits radis - Françoise Morvan

Illustré par Florie Saint-Val
Edition MeMo 2013
Collection Coquelicot 14 x 20 cm
32 pages, non paginé.
Résumé Babelio

Des illustrations toutes mignonnes et simples.
Un texte en rimes, qui fait découvrir de nombreux légumes plus ou moins connus.
Mais une vraie histoire ... à suspens !
Un charmant petit album au style un peu vieillot.
Mais pas grand succès auprès de mon petit de presque 5 ans.
Il l'a écouté jusqu'au bout, sans impatience mais sans aucun enthousiasme.
D'où ma note (2.5)

Extraits :

C'est la sarabande
Dans les plates-bandes :
On vient ce midi
Cueillir les radis