mardi 6 juin 2017

La naissance de Jalna - Jalna tome 1 - Mazo de La Roche

Voici donc le début chronologique de cette fameuse saga. Ecrit seulement en 1944, dix-sept ans après le succès du premier volume.
Tome très agréable à lire, varié et prenant.

L'histoire débute  en Grande-Bretagne au milieu du  19e siècle. Le jeune couple Philippe Whiteoak et Adeline Court, revient des Indes, où ils se sont rencontrés (à Jalna) puis épousés.
Ils profitent de quelques jours dans leurs familles (en Angleterre pour lui, en Irlande pour elle) et dans les plaisirs de Londres, avant de partir s'exiler au Canada, où un oncle leur lègue une maison.
Après un départ et un voyage mouvementé, le jeune et beau couple, que tout le monde envie, et leur fillette Augusta (dite Gussie) s'installent à Québec.
Après la naissance de leur premier garçon, Nicolas, des connaissances les persuadent de venir s'installer en Ontario où le climat est moins rude, les espaces larges et prospères, et la population bien plus anglaise qu'à Québec.
Ils espèrent ainsi reconstituer là une colonie anglaise, à la fois traditionaliste et novatrice.



Ainsi, l'installation en ce lieu de cette propriété familiale sera dû au hasard.
Le nom lui-même, bien qu’étant celui du régiment de Philippe en Inde, a été suggéré par un soupirant d’Adeline. Personnage plutôt sympathique dont on n'aura hélas plus aucune nouvelle passé les deux premiers tomes !

Le couple fondateur de la "dynastie" est un beau couple, intéressant, charismatique, plein de qualités et d'espoirs.
Même si j'avoue n'avoir pas une grande sympathie pour eux.
Notamment sur le bateau, où ils font étonnamment peu de cas de leur fillette.
Par exemple après la mort de son ayah, qui s'occupait d'elle depuis l'Inde,  le père, ne sachant qu'en faire alors que la mère est malade l'envoie ​dans la cale pour qu'une émigrante, parquée là avec ses nombreux enfants, s'en occupe (sans demander l'avis de la dite émigrante !) Puis il reproche à sa femme le désordre de la cabine, alors qu'elle est alitée. Sans avoir l'idée de faire quoi que ce soit.
Je sais que ça se passait souvent comme ça mais tout de même.
Elle ensuite,  jouant sans cesse avec les sentiments de Wilmott, sous prétexte de franchise.

Bref, j’aurais préféré ressentir plus d'attirance pour les personnages essentiels de l’histoire, mais ça ne m'a pas empêchée de lire ce tome avec grand plaisir.

Malgré beaucoup de fautes d'impression, qui m'ont surprise pour un France-Loisirs, même ancien. J'en ai trouvé bien plus que  dans le roman numérique que j'ai terminé juste avant.

Certains détails de l'histoire m'ont un peu étonnée.
Comme par exemple : ils semblent qu'ils partent pour le Nouveau Monde un peu pour s'affranchir des conventions, mais en fait, les traditions sont fermement maintenues.
La femme enceinte​ doit toujours porter un corset serré. Ils savent pourtant déjà que c'est dangereux. Mais du moment qu'elle risque de voir du monde, pas question que ça se voit (et surtout s'il y a des jeunes gens, et même des jeunes filles !)
Et c'était à peine avant la naissance de mes grands parents !!
Je pensais les émigrants plus aventureux, moins attachés aux traditions !

Ce tome se termine peu après la naissance d'Ernest en 1854, premier enfant né à Jalna.

Extraits :

P 67
- N'avez-vous rien de mieux à faire que de vous trouver seule avec un jeune homme dans sa cabine ? Avez-vous donc fait la moitié du tour du monde sans rien apprendre ? 
- Ma mère m'a toujours dit de me méfier des Indiens, des Chinois et des Français ;  elle ne m'a rien dit des Irlandais !

***

Page 131 
David Vaughan avait acquis de l'État, à un prix très modique, plusieurs centaines d'acres d'un terrain fertile et magnifiquement boisées.
[...]
Son vœu le plus cher était d'attirer des gens sympathiques dans ce coin de province où il était installé et, avec leur aide, d'y faire revivre les mœurs et les traditions anglaises pour le plus grand bonheur de tous leurs descendants. A ces mœurs et traditions anglaises, il rêvait d'adjoindre la largeur de vue et le sens de la liberté que possédait le nouveau monde. Il voyait dans cette combinaison la solution idéale qui assurerait à chacun la sécurité, la tolérance et le bonheur. Le souvenir qu'il avait gardé de Philippe Whiteoak était celui d'un homme fait exactement pour ce genre de vie.


Titre original : The Building of Jalna (1944)
Traduit de l'anglais par G. Lalande
Editions France-Loisirs 1979 - 376 pages
Résumé Babelio
Lien vers ma notice chapeau
1850 ou 1851 - 1854

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